Une manifestation annoncée sur les réseaux sociaux pour se tenir mardi à Lyon a été interdite lundi par la préfecture du Rhône, qui n'a pas reconduit le couvre-feu instauré chaque nuit depuis une semaine dans l'hyper-centre ville.
L'appel à un rassemblement devant l'hôtel de région puis une manifestation vers une place de la ville, "diffusé de manière anonyme" sur les réseaux sociaux, "ne permet d'identifier aucun organisateur ni aucun interlocuteur", écrit la préfecture dans son arrêté d'interdiction.
L'appel a été relayé "sous l'intitulé +La lutte continue à Lyon+ et +La mobilisation continue !", avec un visuel représentant "un véhicule en flammes et des fumées sur la voie publique", est-il précisé.
Pour le préfet du Rhône, Étienne Guyot, cette manifestation "présente des risques sérieux de troubles graves à l'ordre public", notamment en "l'absence de déclaration et d'organisateur", au regard des "violences graves commises" lors des journées de mobilisation des 17 et 24 octobre, et du "caractère explicitement revendiqué de la continuité avec celles-ci".
Samedi, alors que la préfecture avait interdit tout rassemblement dans un périmètre élargi au centre de Lyon, quelque 10.000 personnes ont tenté de manifester hors de cette zone, se regroupant de façon erratique au fil de la journée en différents points de la ville. A chaque fois, la police a fait usage de grenades lacrymogènes pour les disperser.
Le 17 octobre, la journée de mobilisation "contre la vie chère" a rassemblé 20.000 personnes à Lyon. Des violences ont éclaté en marge du rassemblement, un bâtiment de l'office du tourisme a été incendié et détruit, et plus de 150 commerces ont été dégradés, dont de nombreux pillés, dans la zone commerçante de la Presqu'île dans le centre-ville.
Un couvre-feu nocturne instauré depuis le 19 octobre dans le périmètre de la Presqu'île touché par les pillages n'a pas été reconduit ce lundi soir par la préfecture, qui dit néanmoins avoir prévu "un dispositif renforcé" dans la zone.