Lyon-Turin: des députés LFI dénoncent "l'arrêt" d'un des chantiers

Un des mégachantiers de la future liaison ferroviaire Lyon-Turin est-il en train de caler ? C'est ce qu'ont affirmé mercredi des députés LFI, la société TELT évoquant pour sa part une difficulté géologique "ponctuelle".

Les élus Insoumis Jean-François Coulomme et Bérenger Cernon et l'Italien Antonino Iaria, du parti Cinq Etoiles, se sont rendus sur le site de Saint-Martin-de-la-Porte, dans la vallée de la Maurienne pour observer le travail d'un tunnelier qui, selon des révélations du Monde, n'avance quasiment pas.

Cette machine de quelque 3.000 tonnes doit forer un tronçon de 9 kilomètres du tunnel de base sous la montagne, à 600 mètres de profondeur. Mais il progresse de moins d'un mètre par jour en moyenne, au lieu des 12 mètres attendus, d'après des rapports techniques consultés par le quotidien.

Les trois élus, qui s'étaient déjà rendus le 2 juillet sur ce site et sur un autre chantier situé à Chiomonte côté italien, se sont vus cette fois refuser l'entrée, a constaté une journaliste de l'AFP.

Le groupe "respecte la démarche des parlementaires" mais leur a proposé "un autre créneau début septembre" pour permettre une visite "dans de bonnes conditions" et avec les "validations de sécurité nécessaires", a commenté un porte-parole de la société publique franco-italienne TELT qui supervise le chantier.

Quant au tunnelier, "la situation actuelle ne relève ni d'une panne indéterminée, ni d'un arrêt inattendu", a-t-il poursuivi. Il se trouve actuellement sur "l'un des points sensibles du tracé" et "confronté à une configuration géologique exigeante".

Les députés se sont dits sceptiques: "Rien ne justifie que nous attendions début septembre", s'est agacé M. Coulomme, dénonçant "une opacité qui interroge beaucoup".

D'autres sites locaux liés au chantier sont également à l'arrêt comme des usines à béton, des centrales de concassage des déblais ou encore une usine de voussoirs, pièces de béton destinées à former la voûte du tunnel, ce qui génère "des pénalités à payer aux entreprises sous-traitantes", souligne M. Coulomme.

Conçu dans les années 1990, le projet de Lyon-Turin "n'a plus aucune justification" et doit désormais être arrêté, a-t-il plaidé.

Lancé il y a plus de 30 ans, le projet d'une ligne à grande vitesse entre Lyon et Turin est soutenu par les autorités et les acteurs économiques au nom du développement du fret ferroviaire, mais contesté par les militants écologistes qui pointent du doigt son impact sur les Alpes et son coût pharaonique.

Le chantier affiche déjà 18 ans de retard par rapport au calendrier initial et est désormais prévu pour 2033.