A Lyon, la température à l'intérieur d'un logement sera désormais prise en compte lors de l'évaluation de sa salubrité, a annoncé mercredi le maire écologiste Grégory Doucet, une démarche inédite en France qu'il souhaiterait voir appliquée au niveau national.
"Un logement qui dépasse les 35°C, voire au-delà, parce qu'il a été frappé par le soleil toute la journée, sans dispositif occultant, ça devient tout simplement un problème de santé publique", a justifié l'élu lors d'une conférence de presse.
En France, ce sont les Agences régionales de santé (ARS) ou les services d'hygiène et de santé des municipalités qui sont en charge d'évaluer la salubrité des logements. Ils en réfèrent ensuite à la préfecture qui, par arrêté, peut déclarer un logement insalubre et fixer un délai au propriétaire pour réaliser des travaux.
Aujourd'hui, alors que les épisodes de canicule se multiplient, "la question de la température n'est pas considérée" lors de ces évaluations, contrairement au degré d'humidité, à l'absence de chauffage ou encore à la vétusté des installations électriques, a souligné Grégory Doucet.
"Donc on rajoute cet élément-là dans la grille d'évaluation, de manière à ce que des locataires puissent nous saisir et nous dire, +moi, je considère que mon logement est insalubre parce qu'il fait 42°C+", a-t-il déclaré.
Selon lui, la simple absence de volets ou stores dans le logement pourrait constituer un motif de saisine.
Ce premier pas vers la prise en compte de la température dans la notion de "décence" d'un logement est une "bonne nouvelle", a salué auprès de l'AFP Damien Barbosa, coordinateur de Rénovons, un collectif d'associations et d'entreprises de rénovation énergétique.
"Les critères de température existent déjà au Canada, mais je pense que ce sont effectivement les premiers en France", a affirmé le spécialiste dont le collectif milite pour que les indicateurs de décence des logements intègrent des températures minimales et maximales.
Grégory Doucet souhaite par ailleurs que cette démarche, municipale, "ne soit pas réservée qu'à Lyon": "On voudrait faire évoluer la législation", a-t-il dit, afin que la température devienne un nouveau critère réglementaire sur tout le territoire national.
Présente à ses côtés, la cheffe des Ecologistes, Marine Tondelier, a pour sa part défendu la création d'une "trève estivale" des expulsions sur le modèle de ce qui se fait l'hiver.