A l'UTMB, les vétérans font de la résistance

L'édition 2025 de l'Ultra-Trail du Mont-Blanc, vendredi au départ de Chamonix, promet un affrontement au sommet entre vétérans aguerris, qui malgré les années font toujours figure de favoris.

Cette année encore, le plateau sera très relevé sur le parcours de référence du trail mondial entre la France, l'Italie et la Suisse : 174 km et 9.900 m de dénivelé positif, appelés à être bouclés en une vingtaine d'heures par les plus rapides.

Mais en l'absence des deux derniers vainqueurs, Jim Walmsley et Vincent Bouillard, les Français François D'Haene, 39 ans, et Ludovic Pommeret, 50 ans, sont particulièrement attendus sur la ligne de départ et surtout pour les places du podium à l'arrivée.

Le premier, quadruple vainqueur de l'UTMB (2012, 2014, 2017 et 2021), fait son grand retour au pied du Mont-Blanc et affiche depuis le début de la saison une forme impressionnante (victoire sur le Tor des Géants et la Transylvania).

"Je suis très content de ma préparation (...) Maintenant, il n'y a plus qu'à espérer que le jour J, le corps réponde bien", a estimé D'Haene, qui en cas de cinquième titre dépasserait au palmarès de l'épreuve la légende espagnole Kilian Jornet.

Pommeret, lui, fait encore plus office d'anomalie, même dans un sport d'endurance où les athlètes brillent un peu plus longtemps. À quelques jours de son 50e anniversaire, mi-juillet, il s'est offert la Hardrock 100, un autre grand monument du trail.

Vainqueur en 2016 à Chamonix, 5e l'année dernière, il expliquait cet été à l'AFP sa longévité par des débuts tardifs qui ont permis de "décaler la fatigue musculaire et articulaire" et la pratique du ski l'hiver, "moins traumatisant" que la course à pied.

- Dauwalter intouchable -

Face aux deux vétérans français, les Britanniques Tom Evans et Jonathan Albon, ainsi que l'Américain Ben Dhiman auront aussi leur mot à dire. Chez les femmes en revanche, la reine de la discipline Courtney Dauwalter, 40 ans, paraît intouchable.

Meilleure ultra-traileuse depuis des années, titrée à trois reprises sur l'UTMB (2019, 2021 et 2023), l'Américaine termine parfois dans le top 10, tous genres confondus, des courses les plus éprouvantes du monde.

"Cela a été vraiment, vraiment dur pour ma dernière participation (2023, ndlr) et j'aimerais réussir une course plus fluide, être capable d'aller vite jusqu'à la ligne d'arrivée", a-t-elle déclaré mercredi.

Interrogée sur sa domination annoncée, elle a estimé que "tout pouvait arriver sur un 170 km".

De leur côté, les organisateurs, cibles de critiques récurrentes sur l'impact environnemental de l'événement, ont mis les bouchées doubles avec l'objectif annoncé de réduire leurs émissions de CO2 de 20 % d'ici à cinq ans.

En conséquence, dès cette année, l'accès en voiture sur une grande partie du parcours est interdit aux particuliers, et rendu possible uniquement grâce à des navettes mises à disposition par l'événement.

"Le monde change et on évolue avec", a expliqué à l'AFP Isabelle Viseux-Poletti, directrice de l'UTMB. "On aura un bilan consolidé plus tard, mais on a probablement des niveaux de circulation plus mesurés depuis le début de la semaine", a-t-elle ajouté.

La 22e édition de l'UTMB s'élancera officiellement vendredi à 17h45 depuis la place du Triangle de l'Amitié à Chamonix.

Durant la soirée et la nuit, la pluie sera de la partie, avec du vent et de la brume en altitude. Les organisateurs ont prévenu qu'il y avait une grande probabilité d'orages et de la neige au-delà de 2.300 m, avec des températures ressenties négatives.