Le projet de loi-cadre sur les transports, présenté mercredi en conseil des ministres, prévoit d'utiliser une partie des recettes issues des péages autoroutiers, une "manne" de plusieurs milliards, pour financer les travaux sur les infrastructures du réseau ferré et fluvial en déshérence.
En France, où 90% du réseau autoroutier (soit 8.370 km d'autoroute) est concédé à des entreprises privées comme Vinci, Eiffage, Sanef... le montant total des recettes issues des péages autoroutiers qu'elles perçoivent s'élève à quelque 13 milliards d'euros par an, selon le cabinet du ministère des Transports.
Sur ce total, un tiers sert aux sociétés gestionnaires à financer l'entretien et l'exploitation des autoroutes qui leur ont été concédées.
Un deuxième tiers remonte sous forme d'impôts au budget général de l'Etat.
Le dernier tiers visait initialement à rembourser les capitaux investis pour la construction des autoroutes.
C'est sur une partie de ce dernier tiers, parfois surnommé la "manne autoroutière", que l'Etat lorgne pour financer le reste des infrastructures de transport à partir de 2032. Car aujourd'hui, les gestionnaires d'autoroutes s'en servent surtout pour rémunérer leurs actionnaires sous forme de dividendes depuis qu'elles ont fini de rembourser leurs emprunts et amorti leurs dettes.
Globalement, l'Etat estime "entre deux milliards et demi et trois milliards d'euros" les sommes issues de ce dernier tiers qui pourront être redirigées vers le financement des autres modes de transport dans le budget des transports.
Comme les concessions d'autoroutes arrivent à échéance pour 90% du réseau "entre le 31 décembre 2031 et le 30 septembre 2036", l'Etat pense "encadrer de façon plus importante la rentabilité des autoroutes" dans les prochains contrats de concessions, indique-t-on au cabinet.
"On va être plus exigeant et il y aura moins de marge à l'avenir dans le nouveau système concessif autoroutier".
"Cette mesure garantira que l'ensemble des utilisateurs de nos autoroutes nationales --notamment les poids lourds étrangers en transit sur le territoire national, qui représentent 43% du trafic total annuel des poids lourds-- contribuent à l'effort de régénération et de modernisation de nos différents réseaux de transports", souligne aussi le cabinet.
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