A deux jours du vote du projet de loi d'urgence agricole à l'Assemblée nationale, la réintroduction de pesticides interdits reste "le principal sujet qui crispe", a dit samedi la ministre de la Transition écologique Monique Barbut à La Tribune Dimanche.
Le Premier ministre a demandé aux ministres concernés par le projet de consulter les groupes parlementaires, le gouvernement craignant le rejet du texte malgré un compromis trouvé jeudi par une commission de députés et sénateurs.
"Les échanges progressent mais tout n'est pas encore clarifié. Tout le monde s'accorde pour dire que le texte a été amélioré par rapport à la copie du Sénat. Bien sûr, le principal sujet qui crispe encore aujourd'hui, c'est l'acétamipride. Je suis pour ma part opposée à la réintroduction de ce pesticide en France", a dit Mme Barbut.
Concernant le doublement de la capacité de stockage d'eau à des fins agricoles d'ici 2025, autre mesure controversée introduite au Sénat, "nous avons obtenu qu'il s'agisse de capacités de stockage multi-usages et soumises à concertation", explique-t-elle : "chacun ne fera pas son stockage dans son coin et pour les seuls besoins agricoles".
"Ce qui me gêne, c'est que ce texte du gouvernement qui devait répondre à une situation d'urgence pour nos agriculteurs, depuis les ajouts du Sénat, modifie bien au-delà la politique qui organise le partage de la ressource en eau dans notre pays", ajoute la ministre, qui avait déjà exprimé ses réserves.
En revanche elle s'est félicitée de voir l'enveloppe allouée à son ministère croître dans le projet de prochain budget. En particulier le Fonds vert, dont le gel de crédits a été dénoncé lors des récentes canicules, devrait remonter à un milliard d'euros, a-t-elle indiqué.
"L'écologie sera le budget le plus renforcé après celui des Armées. C'est un signal fort. Il montre que, même dans un contexte budgétaire exigeant, protéger les Français face au changement climatique reste une priorité", dit-elle.
"Je me réjouis d'avoir obtenu plusieurs arbitrages importants, en particulier le renforcement du Fonds vert porté à un milliard d'euros. La priorité sera donnée à l'adaptation au changement climatique, notamment celle des bâtiments publics", a-t-elle précisé.
Le Fonds vert, créé en 2023 et destiné à aider les collectivités à adapter les territoires au changement climatique, a vu sa dotation passer de 2,5 milliards d'euros en 2024 à 837 millions dans le budget 2026.