Loi agricole: Genevard espère un vote en dépit de dispositions contestées

La ministre de l'Agriculture Annie Genevard a souhaité samedi l'adoption par le Parlement du projet de loi d'urgence agricole, dont le gouvernement craint le rejet du fait de mesures contestées sur la réintroduction de pesticides interdits.

Quatorze parlementaires réunis en commission mixte paritaire (CMP), se sont accordés jeudi sur un texte commun, qui doit être soumis à un ultime vote à l'Assemblée nationale lundi et au Sénat mardi.

"Le vote appartient désormais aux deux chambres, mais je souhaite évidemment l'adoption de ce texte qui a été construit à partir des préoccupations concrètes des agriculteurs", a dit au Journal du Dimanche Mme Genevard, pour qui "faire échouer ce texte par idéologie, calcul ou peur achèverait de désespérer les agriculteurs".

Le texte trouvé en CMP garde notamment la réintroduction dérogatoire de certains pesticides interdits, disposition ajoutée au projet de loi par le Sénat mais qui divise le bloc central.

Pour la ministre de l'Agriculture, le débat sur les pesticides "est devenu extrêmement émotionnel, comme l'a montré la pétition lancée par une personne qui, de son propre aveu, n'y connaissait rien ! Je souhaite évidemment que cette disposition ne fasse pas capoter l'ensemble d'une loi qui contient de très nombreuses avancées attendues par les agriculteurs".

Samedi, plusieurs petits rassemblements ont eu lieu en France pour marquer une opposition à ce projet de loi et notamment sa disposition sur les pesticides. A Lyon, les manifestants étaient une cinquantaine, à Angers près de 200, sympathisants de France Nature Environnement (FNE), de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) ou de Générations Futures.

A Besançon, ils étaient une centaine selon la police, dont la députée Dominique Voynet pour qui "la réintroduction de deux néonicotinoïdes interdits, c'est une baffe dans la figure des citoyens parce qu'ils sont inutiles et dangereux".

"Ce projet de loi va servir à 2-3% des agriculteurs, vraiment les plus gros (...) Beaucoup d'agriculteurs (...) sont pris dans un système dont ils n'arrivent pas à sortir," disait Cyril Giraud, 54 ans, membre de Générations Futures, à Bordeaux où le rassemblement a attiré une quarantaine de personnes.