Locaux et entretien des lycées : en première ligne, les régions assurent avoir "beaucoup investi"

Bâtiments et personnels techniques des 3.700 lycées français dépendent des régions. Celles-ci assurent avoir "beaucoup investi" ces dernières années et déplorent que le budget 2027 puise dans leur enveloppe, y compris pour ces établissements.

Les lycéens mobilisés depuis plus de deux semaines dénoncent pêle-mêle l'insalubrité des bâtiments, des classes surchargées, des profs non remplacés, notamment en région parisienne, ou encore les inégalités créées, selon eux, par Parcoursup.

Les régions ont la charge de la construction, de la réparation et de l'entretien des bâtiments mais aussi des équipements informatiques, des agents techniques, de la restauration...

Depuis le début, le mouvement a fait "autour de 20 millions d'euros de dégâts", selon une première estimation donnée lundi par Régions de France à l'AFP. L'association assure que les "régions ont beaucoup investi" dans ces établissements ces dernières années.

"On ne peut pas laisser dire que l'état des lycées en général serait mauvais en France", estime-t-elle, même s'il y a des "efforts spécifiques" à faire, notamment pour la période des examens en juin, en raison des canicules à répétition.

Les régions ont une réunion technique mardi notamment avec le ministre de l'Education nationale, qui a prévu de "travailler avec les régions sur le bâti". Et mercredi, les présidents de région s'entretiendront avec le Premier ministre, a-t-on appris de sources concordantes.

Une semaine après l'annonce du projet de loi de finances qui entame le budget des collectivités de plus de 5 milliards d'euros, les régions n'entendent pas se laisser faire.

"Dans le budget 2027, il est prévu un milliard de coupe (budgétaire, ndlr). On ne peut pas demander ça et dire qu'il faut accélérer les travaux de programmation et d'investissements", déplore Régions de France, l'association dirigée par Carole Delga, présidente PS de l'Occitanie.

Celle-ci pointe notamment l'amputation de plus de 2 milliards d'euros du fonds de compensation pour la TVA (FCTVA), principal soutien de l'Etat à l'investissement des collectivités que le gouvernement veut recentrer vers les investissements verts.

Mais "les travaux d'adaptation au changement climatique dans les lycées ne seraient pas inclus", comme changer le vitrage ou les stores, pour bénéficier du taux maximum de ce dispositif revu à la baisse, explique ainsi Régions de France, qui réclame des précisions.

En 2026, l'ensemble des lycées représentaient 4,4 mds de dépenses de fonctionnement et 2,6 mds d'euros d'investissement.

En Ile-de-France, Valérie Pécresse fait valoir que 6,6 mds d'euros ont "été mis pour rénover les lycées" depuis son arrivée à la région en 2015.

"Deux tiers des élèves d'Ile-de-France étudient dans un lycée neuf ou rénové", a assuré la présidente LR dimanche sur France Info. "365 lycées sur 468 ont été rénovés en 10 ans", a-t-elle insisté.

Elle a précisé au passage que le lycée Paul-Eluard à Saint-Denis, à la pointe de la contestation, avait bénéficié d'un "plan de rénovation de 45 millions d'euros" sur 2026-2028.