LGV Sud-Ouest: des travaux de déboisement bloqués au sud de Bordeaux

Des travaux de déboisement préalables au chantier de la future LGV Bordeaux-Toulouse font l'objet d'actions de blocage depuis plusieurs jours en Gironde, parallèlement aux recours juridiques engagés par des opposants à la ligne ferroviaire.

"La justice ne s'est pas encore prononcée sur la légalité des coupes mais le carnage s'accélère depuis le 1er octobre", a fustigé le collectif LGV Non Merci lundi sur les réseaux sociaux, en annonçant une nouvelle action à Ayguemorte-les-Graves dans le sud du département.

Sur une vidéo postée sur la messagerie Telegram, on peut voir une pelleteuse avancer sur un terrain boisé. D'autres photos montrent ensuite plusieurs engins à l'arrêt, avec des pancartes anti-LGV. Une vingtaine d'opposants ont participé à cette action, selon la maire de cette commune.

Le 5 février, une autorisation environnementale avait été délivrée à la SNCF pour réaliser des diagnostics archéologiques et des sondages géotechniques sur le périmètre d'étude de la future ligne. Des travaux de déboisement ont commencé dans ce cadre depuis le 1er octobre.

Deux référés suspension contestant la validité de cette autorisation environnementale ont été engagés, auprès du tribunal administratif de Bordeaux, par l'association LGVEA (Landes Graves viticulture environnement en Arruan) et le groupement des sylviculteurs du Sud-Ouest.

La décision n'a pas encore été rendue par les juges et les opposants estiment qu'en attendant, les travaux de déboisement ne peuvent être mis en oeuvre. Ainsi, le 6 octobre, des forestiers ont stoppé le chantier sur une parcelle située au sud de Bordeaux, et le lendemain, des membres de LGVEA en ont fait autant à quelques kilomètres de là.

"Ces travaux sont conduits en toute illégalité, les associations du territoire pointant des défauts d'affichage systématiques, une information en mairie (...) inexistante et des défrichements qui vont au-delà des conditions prévues par les autorisations préfectorales", ont parallèlement protesté trois députés girondins vendredi dans un communiqué.

Loïc Prudhomme (LFI), Mathilde Feld (LFI) et Nicolas Thierry (EELV) dénoncent un "passage en force" et un "déni démocratique", appelant les autorités préfectorales à "suspendre l'exécution des travaux tant qu'un jugement définitif n'a pas été rendu".

Contactée par l'AFP, la SNCF n'a pas répondu dans l'immédiat.