Abonnez-vous

En vous abonnant, vous acceptez notre politique de confidentialité.

Les villes moyennes veulent capitaliser sur leur attractivité retrouvée

Fortes de leur regain d'attractivité pendant la crise sanitaire, les villes moyennes ont demandé jeudi des ressources supplémentaires au gouvernement pour "transformer l'essai" dans les prochaines années, obtenant d'ores et déjà la prolongation d'un programme pour revitaliser les centres bourgs.

"Notre attractivité, celle des villes moyennes continue de se renforcer", s'est félicitée la présidente de Villes de France, Caroline Cayeux, maire DVD de Beauvais, en accueillant le Premier ministre Jean Castex à l'ouverture du congrès de son association qui se tient jusqu'à vendredi à Blois.

Elle se basait sur les résultats du "baromètre des territoires", réalisé par l'institut Ifop et rendu public lors du congrès, qui montre que 87% des Français "préfèrent vivre dans une ville moyenne plutôt que dans une grande métropole", soit trois points de plus que l'an dernier.

"La crise du covid n'a pas forcément fait émerger un monde d'après, mais il a plutôt amplifié une séries de tendances qui étaient préalablement à l'oeuvre avec une nette prévalence de la volonté d'habiter dans des villes moyennes", a expliqué Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l'Ifop.

Selon ce baromètre, réalisé pour Villes de France et la Banque des territoires, 8% des actifs des grandes villes, soit près de 350.000 habitants, sont "tout à fait" prêts à déménager, même si seul un quart d'entre eux est disposé à s'installer dans une autre région.

Pour M. Fourquet, ces chiffres annoncent toutefois des "mouvements de population à prévoir dans les années ou les mois qui viennent" dont souhaitent tirer profit les localités entre 20.000 et 100.000 habitants qui ont longtemps pâti de l'attractivité des métropoles.

"Il s'agit de profiter des nouvelles aspirations des Français pour rééquilibrer notre organisation territoriale", a plaidé Mme Cayeux devant M. Castex, rappelant le rôle des collectivités pendant la crise sanitaire, notamment dans la distribution de masques ou l'organisation de la vaccination.

Une présence sur le terrain aux "conséquences non négligeables" pour leurs finances. "Nous assumons toujours davantage de missions avec toujours moins de moyens", a-t-elle souligné, avant de lancer un appel au chef du gouvernement à consolider l'attractivité retrouvée des villes moyennes.

"Il faut nous donner maintenant les moyens de transformer l'essai", a-t-elle réclamé en conclusion.

Programme prolongé jusqu'en 2026

Jean Castex a répondu favorablement à l'une de ses requêtes: la prolongation jusqu'en 2026 du programme "Action coeur de ville" lancé à fin 2017 et qui devait arriver à échéance l'année prochaine.

"Je vous annonce aujourd'hui qu'il se poursuivra comme vous l'avez souhaité après cette date pour permettre aux équipes élues l'année dernière de porter leurs projets avec l'aide de l'Etat jusqu'à la fin de leur mandature", a affirmé M. Castex, sous les applaudissements des élus.

Il a précisé que les engagements au titre de ce programme dépasseraient d'ici la fin 2022 les 5 milliards d'euros prévus lors de son lancement à fin 2017 pour 222 villes, "plus de 2,8 milliards d'euros ayant déjà été engagés".

Sans donner de nouveau montant pour ce programme, il a précisé avoir demandé à la ministre de la Cohésion des territoires Jacqueline Gourault "d'ouvrir dès à présent la concertation avec les partenaires financiers et bien sûr avec vous pour précisément définir les orientations de ce programme après 2022".

Le chef du gouvernement a évoqué une réunion de Villes de France prévue le 7 septembre "pour préciser les modalités de ce prolongement".

Pour le maire LREM de Nevers, Denis Thuriot, cette prolongation "va nous permettre de renforcer l'attractivité de nos centre-villes", ce programme étant à ses yeux "un accélérateur de projets".

Dans son intervention, le Premier ministre n'a toutefois pas répondu aux autres requêtes formulées par Villes de France.

Son président délégué, Jean-François Débat, maire PS de Bourg-en-Bresse, lui avait auparavant fait part de ses préoccupations sur les "évolutions à terme de la compensation de la taxe d'habitation", demandant à ce qu'elle soit "actualisée" d'une année à l'autre.

Il a aussi plaidé pour une compensation d'une partie "des charges subies par un certain nombre de nos services publics" pendant la crise.

Poster un commentaire
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.
Déjà membre ? Je me connecte.
Je ne suis pas encore membre, Je crée mon compte.