Les salariés des énergies renouvelables manifestent pour préserver leurs emplois

Une centaine de salariés et syndicalistes du secteur des énergies renouvelables s'est rassemblée mardi midi devant la Cité des sciences et de l'industrie à Paris pour alerter sur les suppressions de postes dans la filière.

"Nous refusons que les salariés soient la variable d'ajustement d'une politique énergétique instable", ont martelé les intervenants des syndicats CGT, SUD Énergie, et des comités sociaux et économiques (CSE) d'entreprises du secteur.

Dans leur viseur, les "allers-retours" de la politique énergétique du gouvernement et le marché de l'énergie qui ne permet pas, selon eux, de financer les investissements de la filière sur le long terme.

"Le secteur des énergies renouvelables va très très mal", a affirmé auprès de l'AFP Jim Uro, travailleur d'Enercoop et syndicaliste CGT. Il estime que "la quasi-totalité des entreprises est impactée".

Plus tôt dans la matinée, le Syndicat des énergies renouvelables (SER), qui représente les patrons de la filière, avait alerté sur la "casse sociale" en cours, à l'occasion de son colloque annuel réunissant les représentants de la filière à la Cité des Sciences.

"Un rapide sondage auprès de nos adhérents des filières solaires et éoliennes montre une baisse de plus de 10% des effectifs par rapport à 2024, ce qui (...) représente en projection entre 6.000 et 9.000 emplois", a déclaré Jules Nyssen, président du SER, ajoutant être "solidaire" du rassemblement.

A Montpellier, où se tenait également un rassemblement de salariés de la filière, près de 200 personnes ont été comptées, selon un syndicaliste de SUD énergie.

Pour Jim Uro, d'Enercoop, "l'enjeu est de massifier le mouvement et de créer des ponts avec d'autres luttes".

Les salariés mobilisés sont critiques face à la baisse envisagée de 300 millions d'euros du fonds chaleur de l'Ademe, qui sert par exemple à financer des projets de biomasse ou de géothermie.

Ils l'ont aussi été concernant la présence du PDG de TotalEnergies Patrick Pouyanné, invité à débattre au colloque du SER.

Mais pour Jules Nyssen, "c'est un signal positif qu'il vienne le lendemain de sa journée investisseurs".

Lors de la table ronde, M. Pouyanné a dit penser "qu'il faut continuer à investir en France dans le renouvelable" mais que le solaire et l'éolien terrestre peuvent vivre "sans avoir besoin nécessairement qu'on leur sécurise des revenus".