Les Français âgés de sept à 19 ans consacrent 18 mn par jour à la lecture en moyenne, contre 03H01 aux écrans, indique mardi une étude publiée par le Centre national du livre (CNL), qui s'inquiète du désamour des adolescents pour les livres.
Le "décrochage" est surtout notable chez les 16-19 ans, qui consacrent plus de cinq heures par jour aux écrans, contre seulement 14 mn à la lecture, selon l'étude réalisée par Ipsos-BVA sur un échantillon de 1.500 jeunes interrogés en ligne.
Réalisée tous les deux ans, l'étude confirme que "les jeunes passent dix fois plus de temps sur leurs écrans qu'à lire des livres", mais "ce qui a changé, c'est que la lecture régulière diminue", souligne Régine Hatchondo, la présidente du CNL.
Ce constat préoccupant a déjà été dressé par les Etats généraux de la lecture, qui ont débouché fin 2025 sur une série de propositions pour "rééchanter la lecture" que se sont engagés à mettre en oeuvre les ministères de l'Education nationale et de la Culture.
Malgré le déclin de la lecture, qui touche aussi les adultes, "le livre reste un objet que les Français aiment", ce qui "n'est pas le cas dans tous les pays", souligne Etienne Mercier, d'Ipsos-BVA.
L'enquête du CNL montre que le nombre de jeunes lecteurs est globalement stable par rapport à 2024: 84% d'entre eux lisent pour l'école, les études ou le travail, et 81% pour leurs loisirs.
Mais un tiers des 16-19 ans, surtout les garçons, indiquent ne pas lire du tout dans leurs loisirs.
Pour le plaisir, les jeunes se tournent prioritairement vers la bande dessinée, dont les mangas, qui recule légèrement, tandis que les romans progressent de 4%, en particulier ceux d'aventure, de science-fiction, de romance, notamment de dark romance chez les filles de 16 à 19 ans.
Mais l'étude note "une fragmentation de l'attention", de nombreux jeunes reconnaissant regarder des vidéos ou surveiller les réseaux sociaux pendant qu'ils lisent.
Régine Hatchondo juge aussi "particulièrement inquiétant" le fait que, si les jeunes plébiscitent la lecture partagée, "les parents lisent moins souvent des histoires à leurs enfants, notamment ceux âgés de sept à 12 ans".
"Ce recul de la transmission du goût de la lecture est un enjeu majeur" sur "lequel nous devons agir collectivement", selon elle.