Les forestiers privés alertent sur la surpopulation de gibier, une menace qui s'aggrave

Les forestiers privés ont appelé mercredi les pouvoirs publics, et le monde de la chasse, à agir "réellement" contre les dégâts infligés aux forêts par une population croissante de gros gibier.

Dans un "plan d'urgence pour la forêt française de 2050", présenté un an avant l'élection présidentielle, la fédération Fransylva appelle à moins de normes et des mesures fiscales pour le secteur, mais aussi à "rétablir l'équilibre forêt-gibier", un sujet chaque année plus "prégnant" qui n'a toujours pas trouvé de solution.

Environ "30% du plan de renouvellement forestier de l'Etat en 2022 a servi à mettre des protections de plastique autour des arbres, du plastique qui restera en forêt, ce n'est pas acceptable", a dit à la presse le président de Fransylva Antoine d'Amécourt, qui questionne en outre leur efficacité.

"Il faut arriver à un équilibre. Notre souhait n'est pas qu'il n'y ait plus d'animaux. Des dégâts en forêt, c'est normal. Mais là, on arrive à un point où des gens font des investissements (de plantation), aidés ou non par l'Etat, et où tout est saccagé", ajoute-t-il, relevant que "cela peut remettre en cause la gestion durable de la forêt".

Fransylva appelle à de nouveaux "plans de chasse" pour rétablir l'équilibre. "Il faut revoir les modes de chasse, de dérangement, un peu aussi les modes de sylviculture", note-t-il, évoquant également le sujet des débouchés pour la viande.

Un "comité technique" national a été installé par le gouvernement il y a quelques années, réunissant régulièrement chasseurs et forestiers.

"Le comité existe mais on doit s'interroger sur la volonté, ensuite, de faire appliquer réellement les choses. Il y a des pistes, mais ça ne doit pas rester de la réflexion", a souligné la vice-présidente de la fédération, Anne Dunoyer.

"Le monde de la chasse doit prendre conscience de sa responsabilité (...) et on demande que l'Etat s'engage davantage", a-t-elle ajouté.

Chevreuils, cerfs et sangliers en surpopulation affectent "lourdement" la biodiversité et le renouvellement des arbres, qui attirent d'autant plus qu'ils sont jeunes, notent les gestionnaires de forêt.

Il y a deux ans, la Cour des comptes elle-même avait soulevé le problème. "Assurer partout sur le territoire un équilibre sylvo-cynégétique permettrait de régénérer la forêt sans mise en oeuvre de protections et donc de réaliser une économie comprise entre 225 et 375 millions d'euros", avait-elle relevé.

En France, 75% des 17 millions d'hectares de la forêt métropolitaine sont détenus par 3,5 millions de propriétaires privés.