Les family offices, structures chargées de gérer le patrimoine des grandes familles, et celles qu'ils représentent, sont toujours investis dans l'économie malgré le contexte géopolitique plus incertain, mais placent la fiscalité au premier rang de leurs préoccupations, selon une étude publiée cette semaine.
Le 11e baromètre annuel de l'AFFO (association française du family office), mené de mars à mai par EY auprès de family offices représentant 928 familles, montre que les facteurs macroéconomiques demeurent le principal moteur des décisions d'investissement pour 88% des répondants.
Mais les tensions géopolitiques (73%) et les incertitudes politiques et fiscales (71%) figurent aussi parmi les déterminants majeurs, tandis que la fiscalité devient "la première attente vis-à-vis de l'écosystème" - devant l'accès à l'information et les enjeux réglementaires - citée par 44% des répondants, une hausse de 17 points sur un an.
L'instabilité "conduit les familles à renforcer leur sélectivité", selon le baromètre.
Les family offices "recherchent aujourd'hui un nouvel équilibre entre performance, diversification et maîtrise des risques", remarque dans le communiqué le président de l'AFFO Charles-Henri Bujard.
Le private equity (investissement dans des entreprises non cotées, NDLR) demeure la principale classe d'actifs des portefeuilles, représentant 34% des allocations (-3,5% par rapport à l'an dernier).
Mais les actions cotées progressent, représentant 23% des allocations (+5,7 points), ainsi que l'immobilier (16%, +3 points) et les obligations (12%, +1,2 point). Les liquidité représentent 8% et les classes alternatives 7%.
En 2025, 48% des family offices et des familles ont maintenu leur niveau d'investissement et 36% l'ont augmenté, un recul de 6 points sur un an.
Les allocations se sont réorientés vers l'Europe (+8 points) au détriment des investissements hors Europe (-28 points), traduisant selon l'AFFO "une préférence pour des environnements perçus comme plus stables".
Les 34% d'investissements dans le private equity se répartissent entre l'investissement direct (14%, -14 points) et l'investissement via des fonds (20%, +10 points).
Les technologies constituent le premier secteur d'investissement (73%) devant la santé et les sciences de la vie (48%), et l'innovation est considérée comme "un levier stratégique majeur de développement" par 86% des répondants.
Enfin, ces riches familles semblent rester engagées dans la philanthropie : 57% des répondants déclarent avoir mis en place l'an dernier une politique spécifique dédiée, 36% d'entre eux anticipent une hausse ou une légère hausse de cet engagement, et 64% une stabilité.