Les enseignants gagnaient en moyenne 3.090 euros nets en 2024, soit une hausse de 4,3% en tenant compte de l'inflation, principalement grâce à des primes, selon une étude du service statistiques du ministère de l'Education nationale publiée jeudi.
Les enseignants fonctionnaires à temps complet, dans le privé sous contrat ou le public, des écoles jusqu'au lycée, touchaient en moyenne 3.180 euros nets, selon cette note d'information de direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (Depp).
Parmi eux, les professeurs agrégés et de chaire supérieure sont les mieux payés avec 4.190 euros mensuels, contre 3.220 euros pour les professeurs certifiés et 2.950 euros pour les professeurs des écoles.
"Le premier degré est toujours en dernière position par rapport aux autres métiers de l'enseignement. Cela est non seulement grandement insatisfaisant mais, en plus, ne participe pas à rendre notre métier attractif", déplore auprès de l'AFP Aurélie Gagnier, cosecrétaire générale du SNUipp-FSU, premier syndicat dans le premier degré.
L'étude exclut les contractuels (soit 8% du total des enseignants en 2024) et Mayotte.
"Ces chiffres masquent la réalité d'une rémunération sans revalorisation réelle et très en deçà des attentes légitimes", estime la secrétaire générale du SE-Unsa Elisabeth Allain-Moreno, pointant que des "primes très ciblées, et le vieillissement de la profession, expliquent mathématiquement une moyenne globale plus élevée".
Selon elle, "cette augmentation de moyenne est donc éphémère et +boostée+ par des mesures qui consistent à s'épuiser plus pour gagner plus".
En tenant compte de l'inflation, l'augmentation moyenne des salaires a atteint 4,3% entre 2023 et 2024, soit plus que l'année précédente (+0,4% entre 2022 et 2023).
Le salaire de ceux qui n'ont pas eu d'avancement et qui n'ont pas changé de rythme de travail a augmenté de 3,1%.
L'augmentation est portée par l'augmentation de 1,5% de la valeur du point d'indice de la fonction publique, à compter de juillet 2023, et par l'attribution au 1er janvier 2024 de cinq points d'indice pour l'ensemble des agents de la fonction publique.
Ce dégel a entraîné une augmentation du taux de rémunération des heures supplémentaires effectives pour l'ensemble des enseignants et des heures supplémentaires à l'année (HSA) pour les enseignants du second degré.
Les indemnités indexées sur le point d'indice, comme celle de suivi et d'orientation des élèves, de résidence, le supplément familial de traitement, les majorations dans les outre-mer, ont par conséquent aussi augmenté.
Le pacte enseignant, qui propose des rémunérations supplémentaires aux professeurs en échange de nouvelles missions, a également eu un effet en 2024.
A la rentrée 2024, près d'un enseignant sur quatre cumulait le pacte enseignant et des heures supplémentaires à l'année.
"Sur le moyen terme, on reste sur une perte de pouvoir d'achat, puisque depuis 2010, les prix ont augmenté presque deux fois plus vite que les salaires des agents (inflation +27,8% vs augmentation traitement indiciaire +14,6%)", souligne Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré, jugeant que l'étude "cache d'importantes disparités".