Les députés de la commission des Finances ont envoyé jeudi un "signal" au gouvernement, en adoptant une hausse de plus de 800 millions d'euros du budget du ministère de l'Agriculture, dont plus de 600 millions pour aider les agriculteurs en difficulté après l'été.
"Comme il n'y aura sûrement pas de séance sur la partie dépenses, c'est beaucoup des messages que nous envoyons ici", a déclaré le président de la commission Eric Coquerel (LFI) en référence à la possibilité que le texte initial soit renvoyé au Sénat sans discussions en séance sur la partie dépenses du budget, faute de temps ou parce que les députés auraient rejeté la partie recettes dans l'hémicycle, ce qui enverrait l'intégralité du texte initial à la chambre haute.
Le rapporteur spécial Vincent Trébuchet (groupe ciottiste UDR) a lui regretté le refus du ministère de l'Agriculture de dévoiler le contenu des amendements qu'il doit déposer pour financer son plan de relance de l'agriculture, mise à terre par la sécheresse et les canicules.
Après avoir promis 1,3 milliard d'euros d'aide face aux crises sur le budget 2026, le gouvernement a annoncé un "plan de relance", notamment pour adapter les fermes aux changements climatiques.
Cette enveloppe de 500 à 700 millions d'euros doit être répartie entre des mesures figurant déjà dans le projet de budget 2027 et de futurs amendements.
Faute de pouvoir les discuter, les députés de la commission des Finances ont adopté plusieurs amendements pour "donner un signal" au gouvernement et aux agriculteurs, selon l'expression employée par trois d'entre eux (LFI, UDR, PS).
Le plus conséquent est un amendement du groupe LFI visant à créer un programme de soutien aux fermes en difficulté doté de 500 millions d'euros pour "mieux indemniser les pertes de récolte et les dégâts subis par les agriculteurs non-assurés, à répondre aux besoins de trésorerie en finançant des prêts publics à taux zéro et à la prise en charge de frais exceptionnels".
Deux autres abondent de 50 millions d'euros chacun des fonds de soutien aux maraîchers diversifiés et aux éleveurs pour l'achat de fourrage.
Quatorze amendements avaient été déposés - et ont été largement adoptés - pour revenir sur la suppression de 100 millions d'euros alloués aux régions pour gérer les fonds européens pour l'agriculture. Cette décision du gouvernement avait suscité la colère des agriculteurs comme des régions.
Les budgets ont également été augmentés pour l'agriculture ultramarine (25 millions d'euros), la transmission des fermes, les coopératives d'équipements, le plan Méditerranée (30 millions), le conseil agronomique (70 millions) ou encore les projets alimentaires territoriaux (100 millions).