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Les céréaliers fustigent la loi Alimentation et les "politiques Macron"

Les céréaliers français ont sévèrement critiqué mardi la loi Alimentation, en cours d'examen au Parlement, qu'ils accusent d'alourdir considérablement leurs charges, et fustigé un ministre de l'Agriculture "absent" ainsi que l'ensemble des "politiques Macron".

La loi issue des Etats généraux de l'alimentation va déboucher sur "500 millions d'euros" de coûts supplémentaires pour les agriculteurs céréaliers alors que ceux-ci sont déjà dans une "situation gravissime" pour la cinquième année consécutive, a estimé devant la presse Philippe Pinta, président de l'association générale des producteurs de blé (AGPB).

Sur la campagne 2017, qui se termine le 30 juin 2018, 40% des céréaliers ont enregistré un résultat courant avant impôts et après cotisations sociales négatif, indique le rapport d'activité de l'AGPB.

L'association conteste en particulier trois dispositions: la séparation de la vente et du conseil pour les produits phytosanitaires dans les coopératives, les Certificats d'économie de produits phytosanitaires (CEPP) créés par le précédent gouvernement, ainsi que l'interdiction des rabais et ristournes sur ces mêmes produits, qui vont faire augmenter les charges des agriculteurs.

Ils aimeraient aussi que deux articles ajoutés par la commission Développement durable de l'Assemblée la semaine dernière ne "soient pas repris" par la commission des Affaires économiques cette semaine: le premier porte sur l'interdiction de l'herbicide glyphosate, l'autre sur celle des néonicotinoïdes, des produits qui enrobent les semences et les protègent des maladies, mais sont accusés de tuer les abeilles et les oiseaux.

Au total, selon l'AGPB, 2,3 milliards d'euros de charges supplémentaires pèseront à terme chaque année sur les agriculteurs céréaliers après cette loi et la mise en oeuvre d'autres mesures décidées par le gouvernement Macron, comme le transfert d'une partie des aides européennes décidé au printemps dernier.

"Et tout cela sans compter l'impact de la grève SNCF qui coûte entre 5 et 20 euros la tonne transportée" entre le point de départ et l'acheteur (amidonnier ou port d'expédition), a ajouté M. Pinta.

"On nous demande d'accompagner une transition de l'agriculture en augmentant les charges qui pèsent sur nous, c'est impossible", a indiqué pour sa part Eric Thirouin, secrétaire général adjoint de la FNSEA, le premier syndicat agricole.

"Les céréaliers vont mourir en accéléré", a repris M. Pinta, se disant "très inquiet", et "le moral en berne", d'autant qu'il affirme n'avoir "aucun interlocuteur au gouvernement".

"Le ministre est absent, c'est pire qu'avant", a-t-il lancé, en rendant un inattendu hommage rétrospectif au prédécesseur de Stéphane Travert, Stéphane Le Foll, qui avait pourtant été très critiqué par les céréaliers en son temps:

"On s'engueulait un bon coup, mais il était là, et il connaissait les problèmes du monde agricole", a noté M. Pinta, alors qu'actuellement "au ministère, il n'y a aucun travail en amont".

Interrogé sur les moyens d'exprimer ce mécontentement envers les "politiques Macron", M. Pinta a indiqué qu'aucune décision n'avait été prise. "Pour l'instant, nous attendons, le positionnement de l'Assemblée nationale" sur le texte de loi, a-t-il ajouté.

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