Les céréaliers français dans le rouge pour une 4e année consécutive

Les céréaliers français vont connaître en 2026 une quatrième année consécutive de pertes d'exploitation, a déclaré mardi leur association, l'AGPB, qui réclame aux autorités des moyens pour maintenir l'outil productif, sur fond de sècheresse et de hausse des prix des engrais et de l'énergie.

"Nous sommes vraiment dans un moment de rupture. On ne répare pas une fracture avec des pansements. Or ce que l'on nous propose en face, ce sont des pansements", a déclaré Éric Thirouin, président de l'AGPB, association spécialisée de la FNSEA qui regroupe la majorité des cultivateurs de céréales à paille (blé, orge, avoine, seigle, etc.).

"Les trésoreries sont exsangues, les charges de plus en plus fortes pour payer les découverts, les coûts des intrants (engrais, NDLR) et de l'énergie toujours à la hausse, les cultures sont abandonnées, avec des prix (des céréales) largement en-dessous des coûts de revient", a-t-il énuméré lors d'une conférence de presse.

Longtemps considérés comme les nantis du secteur agricole, les céréaliers ont vu leur situation se détériorer ces dernières années.

Après l'invasion russe de l'Ukraine, en 2022, les cours des céréales ont flambé, en même temps que celui des engrais, produits à base de gaz naturel et dont 25% des approvisionnements européens venaient de Russie.

Mais en 2023, tandis que les coûts de production restaient très élevés, les prix mondiaux se sont repliés, les marchés étant rassurés quant à l'approvisionnement avec la reprise de l'activité des ports céréaliers de la mer Noire.

En 2024, la France a connu sa pire récolte de blé en 40 ans (26 millions de tonnes contre 35 en moyenne). Les rendements sont revenus à la normale en 2025, mais les prix de marché ont encore baissé, alors que les coûts augmentaient.

Début 2026, la situation a empiré avec le blocage du détroit d'Ormuz lié au conflit au Moyen-Orient, par où transitent un tiers de la production d'engrais et une grande partie des matières premières nécessaires aux fertilisants, sans que les hausses de coûts ne soient répercutées sur les prix.

Le gouvernement a annoncé ces derniers mois 145 millions d'aides à l'achat d'engrais, ainsi qu'un plan pour aider ceux touchés par la sécheresse.

La récolte de blé 2026 a échappé aux canicules grâce à une moisson précoce mais reste attendue en baisse. La production française était estimée, fin août, à 31,92 millions de tonnes (-4,3% par rapport à la campagne précédente).