Le modèle bancaire bascule plus vite que prévu avec une montée des acteurs numériques, notamment chez les clients jeunes et fortunés, selon une étude du cabinet de conseil Bain & Company qui recommande aux banques traditionnelles de miser sur le conseil aux clients plutôt que sur les prix.
La mobilité bancaire s'accentue légèrement par rapport à 2025 à 4,1% (en hausse de 0,5 point) et reste "polarisée": les clients jeunes et aisés sont ceux qui changent le plus souvent de banque.
Banques en ligne et néo-banques restent les principaux bénéficiaires de la mobilité bancaire, avec les gains nets de clients les plus élevés sur la période.
La part de marché des acteurs innovants reste globalement stable, à près de 78%. Mais cette stabilité est trompeuse: elle masque une extension progressive au-delà des usages historiques de paiements et cagnottes vers l'épargne et la banque au quotidien, comme Trade Republic et Revolut.
Parallèlement le concept de banque principale "est en train de complètement disparaître" a expliqué à l'AFP Ada Di Marzo, directrice du bureau de Paris de Bain & Company, car les clients ont plusieurs comptes bancaires. Ils souscrivent plus de produits, sans quitter leur banque historique, en déplaçant leurs usages ailleurs.
En 5 ans, la part de produits en banque principale est passée de 78% à 64%.
La plus grosse variation touche les clients de moins de 35 ans les plus aisés dont la moitié des avoirs se retrouvent ailleurs que dans la banque traditionnelle.
Ils sont 25% à suivre les conseils donnés en matière de finance par l'intelligence artificielle (IA), contre 13% pour la population générale.
"Vous allez avoir des clients qui, avant d'aller parler à leur banquier vont probablement se renseigner à travers les LLM (modèles de langage fonctionnant grâce à l'intelligence artificielle, NDLR). Ils vont avoir déjà des comparaisons et l'IA aura déjà donné quelques recommandations", souligne Mme Di Marzo.
Selon le cabinet de conseil, pour relancer la conquête, notamment chez les jeunes, il faudra donc compter sur "la qualité du conseil", la réactivité humaine, notamment par la connaissance du client enrichie par l'utilisation de l'IA, et être "moins portés sur des aspects de prix".
L'étude principale a été menée en mars 2026 auprès d'environ 7.000 clients, représentatifs du marché français. Une étude complémentaire a été faite sur un panel d'environ 2.000 clients ayant changé de banque principale.