Les aéroports français, dont le trafic a marqué un "coup d'arrêt" au premier semestre 2026, dénoncent mercredi une fiscalité selon eux défavorable par rapport à une concurrence européenne plus dynamique.
Au cours des six premiers mois de 2026, l'Union des aéroports français (UAF), qui regroupe près de 150 aéroports, a accueilli 98,3 millions de passagers, soit un repli de 0,8% sur un an, explique-t-elle dans un communiqué.
"Après plusieurs années de reprise post-Covid, cette contraction marque un coup d'arrêt", a déploré l'organisation professionnelle.
Celle-ci a précisé que la comparaison était légèrement faussée par un mois de travaux de réfection de piste à Bâle-Mulhouse, du 15 avril au 16 mai, qui "a entraîné la perte d'environ un million de passagers".
Cependant, "en juin, après la réouverture complète de la piste, le trafic national restait inférieur de 1,9% à celui de juin 2025", souligne l'UAF.
Selon cette organisation, "le décrochage français s'aggrave" par rapport aux pays voisins.
D'une part, le trafic des aéroports de l'Union européenne et quatre pays européens non membres (Islande, Norvège, Royaume-Uni et Suisse) a progressé de 2,6% au premier semestre 2026.
D'autre part, comparé à celui de 2019, le trafic est aujourd'hui de 6,9% supérieur dans ces 31 pays, alors qu'il est de 2,6% inférieur en France.
L'UAF l'explique principalement par une fiscalité trop lourde. Elle dénonce "le choc fiscal de 2025", année où la taxe de solidarité sur les billets d'avion (TSBA) a fortement augmenté, étant triplée sur les vols intra-européens.
En plus de cela, "le transport aérien français subit désormais un nouveau choc, géopolitique et énergétique. Les tensions au Moyen-Orient et la hausse du coût du carburant viennent ainsi frapper un marché déjà pénalisé", selon l'organisation des aéroports.
Son président Thomas Juin a appelé le gouvernement à réagir en conséquence dans la loi de finances 2027, dont le projet sera présenté le 30 septembre.
"La France doit à présent changer de logique et alléger la fiscalité aérienne, sauf à considérer qu'il est préférable de survoler la France plutôt que de s'y poser et de la relier au monde", a-t-il écrit.