L'enseigne nordiste de bricolage Leroy Merlin a confirmé vendredi à l'AFP avoir été concernée l'an dernier par une affaire de vente illégale de produits phytosanitaires à base de glyphosate sur sa plateforme de marché en ligne.
"Un nombre très limité de produits contenant du glyphosate a été proposé à la vente par un vendeur tiers sur la marketplace de Leroy Merlin", selon une porte-parole du groupe interrogée par l'AFP, confirmant des informations de Radio France.
"Cette situation est restée circonscrite dans le temps et en volume. Seules 125 unités ont été vendues, échappant à notre vigilance", a précisé cette porte-parole.
Leroy Merlin a été alerté en octobre dernier par la Direction départementale de la protection des populations (DDPP). Après vérification, le vendeur tiers en question a été "immédiatement notifié et exclu" de la marketplace et les produits "retirés sans délai" de la vente, toujours selon cette porte-parole.
"Cette affaire a mis en lumière des pratiques de dissimulation volontaire visant à contourner nos filtres textuels en masquant les substances interdites dans les visuels produits".
En conséquence, Leroy Merlin a décidé de suspendre temporairement la vente de divers produits biocides pour végétaux sur sa marketplace, le temps de moderniser ses outils de détection.
"La protection des consommateurs, le respect strict de la réglementation et la transparence totale vis-à-vis des autorités demeurent des priorités absolues", a insisté la porte-parole de l'enseigne.
En France, la vente aux particuliers et aux professionnels non agréés de produits phytopharmaceutiques (PPP), couramment appelés pesticides, est interdite depuis 2019, en raison des risques qu'ils posent pour la biodiversité mais aussi pour la santé humaine.
Mais il "est encore fréquent que des sites de vente en ligne proposent illégalement et de manière frauduleuse ces produits", relevait l'Office français de la biodiversité (OFB) dans un communiqué publié fin novembre.
L'OFB dressait à cette occasion un bilan d'une campagne nationale de contrôles en la matière: du 1er janvier au 31 octobre de l'année dernière, ses agents ont mené près de 600 perquisitions dans toute la France, lors desquelles un total de près de 3.000 litres de ces produits illégaux ont été saisis.
Sollicité vendredi par l'AFP, l'OFB n'était pas en mesure de fournir dans l'immédiat un bilan actualisé de ces opérations en la matière sur l'ensemble de l'année écoulée.