"L'équipe de France de l'électrification" se réunit mardi sous la houlette du ministère de l'Energie pour faire un point sur les soutiens aux véhicules électriques et pompes à chaleur, trois mois après le lancement de ce plan gouvernemental.
"On n'est plus dans le temps des intentions, mais des réalisations", affirme-t-on au ministère chargé de l'Energie, qui accueille cette réunion avec les acteurs de la filière.
Vingt-deux mesures ont été annoncées et "plusieurs sont pleinement opérationnelles", dit la même source, promettant que "d'autres entreront en vigueur dans les semaines et les mois qui viennent" afin de consommer plus d'énergie électrique et moins de carburants fossiles.
Parmi elles, deux mesures soutiennent l'électrification des transports et du logement avec un leasing social pour des véhicules électriques et une offre clé en main pour l'installation de pompes à chaleur réversibles afin de réduire les factures. Celles-ci produisent de la chaleur en hiver et du froid en été, alors que les canicules comme l'actuelle seront plus fréquentes à l'avenir en France.
Le ministère dévoilera notamment la liste des modèles des 50.000 véhicules qui intègreront ce dispositif. Cette 3e édition du leasing social ouvrira le 16 juillet. L'aide a été renforcée pour les voitures, batteries et moteurs fabriqués en Europe, à hauteur de 9.500 euros.
Toujours dans les transports, les ménages modestes "gros rouleurs" réalisant plus de 12.000 km par an pour leur activité professionnelle pourront bénéficier à compter du 1er septembre d'une aide jusqu'à 7.600 euros pour les véhicules électriques fabriqués en Europe.
Des mesures de soutien pour les utilitaires et les poids lourds, les engins de chantier et agricoles électriques sont par ailleurs déjà effectives, indique le gouvernement.
Enfin, l'exécutif vise le doublement du nombre de bornes électriques, à 400.000 d'ici 2030 grâce au programme Advenir, qui sera renouvelé et abondé à hauteur de 400 millions d'euros.
- "Accélération historique" -
Le second dispositif, orienté vers des pompes à chaleur air-eau réversibles, vise à construire une offre conjointe d'installation et de maintenance amortie en trois ans et disponible dès le 1er octobre. L'objectif du gouvernement est de "déployer des pompes à chaleur dans tous les foyers français, pas seulement les plus aisés", indique Bercy.
Concrètement, un foyer actuellement chauffé au gaz ou au fioul continuera de payer pendant trois ans le même montant de facture qu'actuellement afin d'amortir la pompe à chaleur, puis bénéficiera de la baisse liée à sa bascule vers l'électricité.
Les pompes à chaleur air-air sont soutenues via une TVA réduite.
Ce plan d'électrification, annoncé par le Premier ministre Sébastien Lecornu avant le déclenchement de la guerre dans le Golfe, doit permettre de "concilier plusieurs objectifs souvent présentés comme contradictoires ; renforcer notre souveraineté énergétique, décarboner notre économie, soutenir notre industrie tout en protégeant le pouvoir d'achat des Français", souligne-t-on à Bercy.
L'objectif est "en 5 ans de passer de 60% d'énergie fossile" à 40% dans le mix énergétique français, "une accélération historique", insiste-t-on.
Sur le plan territorial, le gouvernement indique que les 100 territoires d'électrification prévus seront annoncés prochainement. Plus de 200 candidatures ont été reçues, précise-t-il.
Parmi les autres mesures figurent l'interdiction de chaudières à gaz dans les bâtiments neufs à compter du 1er janvier 2027, le fléchage de MaPrimeRenov' vers l'électrification au 1er septembre et, pour les artisans, un appel à projet pour les accompagner financièrement dans la bascule de leurs équipements vers l'électricité (fours des céramistes et des boulangers, plaques de cuisson dans les restaurants, rôtissoires des bouchers, etc.).
Pour mieux donner l'exemple, l'Etat s'engage à ce que 100% des véhicules acquis lors des renouvellements annuels du parc soient électriques.
Côté infrastructure, la réforme facilitant l'accès au réseau électrique à haute tension doit être finalisée d'ici la fin de l'année. Il s'agit de privilégier non pas les premiers projets inscrits mais ceux qui sont prêts en premier.
Enfin, un décret interdisant la publicité pour les énergies fossiles sera publié d'ici la fin de l'année.