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L'EPR de Flamanville: retards, surcoûts et critiques

L'EPR de Flamanville (Manche), seul réacteur nucléaire actuellement en construction en France, est devenu le symbole des dérives du secteur pour les opposants à l'atome, après plus de dix ans de retards et d'importants dépassements de coûts.

En construction depuis 2007, ce réacteur de nouvelle génération de 1.650 MW, sur le chantier duquel des militants de Greenpeace se sont introduits jeudi avant d'être arrêtés, devait initialement être mis en service en 2012 mais n'a toujours pas produit d'électricité.

EDF a annoncé en janvier un nouveau retard dans le chargement du combustible nucléaire, repoussé de fin 2022 au deuxième trimestre 2023 désormais. L'estimation du coût est actuellement de 12,7 milliards, soit un montant quasiment quadruplé par rapport au devis initial (3,3 milliards).

Le chantier a en effet été marqué par de nombreux problèmes, notamment des anomalies découvertes sur la composition de l'acier du couvercle et du fond de la cuve, ainsi que des problèmes de soudures. Dernièrement, la pandémie de Covid-19 a aussi contribué aux derniers retards.

Dans un rapport remis au gouvernement en 2019, l'ex-patron du constructeur automobile PSA Jean-Martin Folz avait fait le constat d'un "échec pour EDF". La Cour des comptes a pour sa part jugé qu'il s'agissait d'un "échec opérationnel" aux "conséquences graves pour l'ensemble de la filière".

EDF et les autres industriels du secteur assurent depuis avoir tiré les leçons de ces déboires et mis en place un plan d'excellence.

Au gré des retards, l'EPR de Flamanville est toutefois devenu pour les opposants au nucléaire l'exemple de l'incapacité de cette énergie à répondre rapidement et efficacement à l'urgence climatique, malgré sa quasi-absence d'émissions de CO2.

Greenpeace France a demandé en début d'année "un moratoire" sur les travaux, "afin de conduire une évaluation en toute indépendance de la viabilité des réacteurs nucléaires EPR".

Le candidat écologiste Yannick Jadot a réclamé une commission d'enquête parlementaire après le "fiasco absolu" de Flamanville. Jean-Luc Mélenchon y voit le "naufrage du nucléaire".

Emmanuel Macron a en revanche promis une "renaissance du nucléaire français" avec la construction de six réacteurs de nouvelle génération EPR2 et l'étude pour huit exemplaires de plus.

L'Élysée reconnaît les déboires rencontrés sur le chantier normand mais les attribue à la "perte de compétence due à une interruption trop longue du flux de construction de réacteurs". ""Nous avons tiré les leçons", a assuré Emmanuel Macron.

L'EPR de Flamanville ne sera pas le premier exemplaire à entrer en service. Trois ont déjà démarré, deux en Chine et un en Finlande.

jmi/ico/cbn

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