Les investissements se sont maintenus mais l'emploi a souffert dans les entreprises de taille intermédiaire (ETI) au deuxième trimestre, pénalisé par une vague de suppressions de postes, selon des études publiées mardi par le Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (Meti).
D'après la note de conjoncture du Meti sur le deuxième trimestre, l'emploi net a chuté de 66% sur cette période dans les ETI (entre 250 et 4.999 salariés), soit 2.288 créations nettes d'emplois de moins au deuxième trimestre par rapport au trimestre précédent.
Le solde net, soit la différence entre les créations et les suppressions d'emplois, reste positif mais tombe à 1.189 au deuxième trimestre.
Cela s'explique par une explosion des suppressions de postes (+250%) d'avril à juin (quelque 5.000 suppressions).
Les fermetures dans le secteur du commerce, notamment de l'enseigne de textile Bouchara, de la chaîne de chaussure Minelli ou du groupe de distribution Nosoli, qui réunit les réseaux des enseignes Furet du Nord et Decitre, ont contribué à ce recul du solde net.
Les auteurs de l'étude évoquent également la fermeture de sites industriels (Château Blanc, GTE-Automotive) ainsi que "la restructuration des crèches" de La Fondation OEuvre de la Croix Saint-Simon, avec la suppression de "800 emplois".
Les ETI ont poursuivi parallèlement leurs investissements au deuxième trimestre pour un total de 5,7 milliards d'euros, en forte hausse par rapport au premier trimestre (3,1 milliards d'euros), selon le Meti.
Ce rebond est porté par le secteur de l'énergie, mais il faut le nuancer car il repose sur trois grandes annonces d'investissements qui comptent pour 60% du montant total, détaille la note de conjoncture du Meti.
Cette situation est confirmée par les témoignages recueillis dans le cadre d'une enquête réalisée via internet auprès de 1.700 ETI du réseau Meti (du 17 au 24 juin).
Ce baromètre Palatine-Meti met en évidence des tensions sur les carnets de commande rapportées par près de la moitié des ETI interrogées et une rentabilité qui s'érode sur un an, ainsi que des inquiétudes pour l'avenir.
Les projets d'investissements se maintiennent et concernent la majorité des ETI, mais ils génèrent moins d'emplois.
Seulement 18% des ETI prévoient de créer au moins 50 emplois dans le cadre de ces projets, selon ce baromètre.
Plus de sept ETI sur dix indiquent avoir réduit leurs recrutements d'apprentis cette année par rapport à 2024, et plus de 60% ont diminué leurs recrutements d'apprentis de niveau bac +3.
Par ailleurs, d'après le baromètre, les opérations de rachat d'ETI ont atteint "un niveau élevé au deuxième trimestre" avec 21 opérations, dont certaines impliquant des acquéreurs extra-européens (Bahreïn, Etats-Unis, Hong Kong).