Le traité mondial destiné à lutter contre la pollution par le plastique "n'apportera pas de solutions immédiates à tout", a averti jeudi son nouveau négociateur en chef, tout en affichant sa confiance dans la possibilité de parvenir à un "consensus" introuvable jusque-là.
Le diplomate chilien Julio Cordano, nommé en février pour présider les négociations sur un projet des Nations Unies de traité sur la pollution plastique, a souligné "la complexité du problème", lors d'une conférence de presse organisée en ligne jeudi.
Il a à cette occasion confirmé les dates du prochain round de négociations, en mars 2027, mais pas le lieu où elles devraient se tenir.
Il a surtout affiché sa confiance, après plusieurs échecs successifs: "nous pouvons adopter par un consensus un traité ambitieux", malgré des positions très antagonistes.
Depuis une résolution votée en mars 2022 visant à préparer un instrument international juridiquement contraignant sur la pollution par le plastique, notamment en milieu marin, les pays membres de l'ONU ont tenté de dégager ce consensus.
Mais les dernières négociations en août 2025 ont échoué, en raison de l'opposition des grands acteurs de la pétrochimie et d'Etats pétroliers, au premier rang desquels les Etats-Unis, premier producteur mondial de pétrole et grand consommateur de plastique.
Jeudi, M. Cordano a rappelé que la résolution de l'ONU prévoyait "à la fois des approches obligatoires et des approches volontaires".
Il faudra "faire preuve de pragmatisme" pour répondre au problème de la pollution en tenant compte des "situations et des circonstances nationales très diverses".
"Les dispositions de l'accord devront naturellement inclure des éléments juridiquement contraignants", a encore posé M. Cordano, mais devront aussi "offrir une certaine flexibilité" pour tenir compte des "circonstances nationales particulières."
Fin mai, l'OPEP qui rassemble de nombreux pays producteurs de pétrole, avait appelé à ce que le projet s'appuie sur le volontariat, avec une mise en oeuvre "fondée sur la facilitation plutôt que sur la sanction".
Les ONG appellent plutôt à un contrôle de la production, exponentielle, de matière plastique souvent à usage unique.
Le diplomate a encore précisé que "rien n'est exclu des discussions" et que "les pays-membres étaient libres de discuter de tout", et dit espérer "un instrument qui soit concis".
Des discussions informelles préparatoires sont programmées du 30 juin au 3 juillet à Nairobi, Kenya, avant d'autres qui sont prévues du 27 au 30 septembre à Bangkok, en Thaïlande.