Le site de Fibre Excellence de Tarascon réquisitionné par l'Etat pour assurer sa sécurité

Le site Fibre Excellence de Tarascon (Bouches-du-Rhône), placé en liquidation judiciaire, a été réquisitionné mardi par l'Etat pour garantir la sécurité de cette installation classée "Seveso seuil bas", que le liquidateur judiciaire n'assurait pas malgré plusieurs mises en demeure des autorités.

"On demande de maintenir le site en parfait état de fonctionnement en ce qui concerne la lutte contre toute pollution chimique qui pourrait atteindre les personnes ou l'environnement", a indiqué à l'AFP la préfecture des Bouches-du-Rhône.

Le liquidateur judiciaire avait jusqu'à lundi 23H59 pour faire appliquer un arrêté préfectoral de réquisition, reçu durant le week-end, lui intimant une nouvelle fois de remettre en oeuvre des mesures d'urgence. Des agents de la Direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (Dreal) ont à nouveau constaté le non-respect de cette demande.

Jeudi dernier, la préfecture avait déjà envoyé un arrêté l'enjoignant "d'immédiatement" redémarrer des éléments de sécurité, à savoir le système de défense incendie de l'usine et de sa station d'épuration, dont le but est de recueillir les rejets accidentels de produits chimiques dans le Rhône.

Malgré la mise en liquidation de l'usine le 29 juillet, le site accueille toujours onze tonnes de bois et d'importants produits chimiques, notamment du peroxyde d'hydrogène, du propane ou du fioul lourd.

Depuis, les syndicats réclament que plusieurs ex-salariés soient associés aux opérations de sécurisation du site "pour éviter et limiter les risques" car "la passation est insuffisante et les moyens pas à la hauteur", selon le syndicat CGT.

"Chaque jour qui passe, c'est un danger supplémentaire qui apparaît", a estimé le délégué syndical CGT, Jean-Michel Bulinge, technicien de maintenance sur le site depuis près d'une décennie.

"Des orages et de la pluie sont attendus pour mercredi. Par un processus de rinçage, des liquides pourraient terminer dans le Rhône si rien n'est fait", a-t-il alerté.

De son coté, le liquidateur judiciaire, Alix Brenac, a affirmé à l'AFP avoir été "obligé de mettre à l'arrêt le site pour limiter au maximum les risques" mais a précisé être "dans l'impossibilité de mettre en oeuvre cet arrêté".

"On ne va pas redémarrer les dispositifs mais on va répondre aux risques par de nouveaux procédés externes", a-t-il ajouté en assurant que "la sécurité est assurée".

Le site de Tarascon de l'usine de pâte à papier Fibre Excellence n'a pas connu le même sort que celui de Saint-Gaudens (Haute-Garonne), également placé en liquidation judiciaire, mais qui pourrait bénéficier d'une continuation d'activité temporaire. Le tribunal de commerce de Toulouse doit se prononcer le 15 septembre.