Pressé de préciser son "plan clim" brandi comme un remède aux canicules à répétition, le Rassemblement national a présenté mardi un projet étalé sur dix ans, avec 20 milliards d'euros d'investissements pour les bâtiments publics et autant de prêts à taux zéro pour les ménages.
Avec au moins 1.000 décès liés à la canicule de la semaine dernière, et 300 à celle de fin mai, "la chaleur tue" et "à un moment la climatisation est l'unique solution", a souligné le député RN Thomas Ménagé lors d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale.
Un an jour pour jour après la première évocation par Marine Le Pen d'un "grand plan d'équipement pour la climatisation", l'élu du Loiret, avec son collègue de la Somme Jean-Philippe Tanguy, a enfin exposé le projet détaillé du RN - de nouveau remis sur la table ces derniers jours avec quelques approximations.
Cette fois-ci, le plan se veut clair et précis. D'un côté, 20 milliards d'investissements: 10 pour les crèches, écoles, collèges, lycées, hôpitaux et maisons de retraite durant "le premier quinquennat" (si le parti à la flamme remporte la présidentielle l'an prochain), puis 10 de plus pour le reste des bâtiments publics lors du "second quinquennat".
De l'autre, 20 milliards pour permettre aux particuliers de "climatiser une ou plusieurs pièces" de leur logement, via des prêts à taux zéro pour un montant maximum de "20 euros par mois pendant 10 ans". Le tout "sans condition de ressource" car "notre objectif est que ce plan fonctionne" et "moins il y a de critères mieux on se porte", a affirmé M. Tanguy.
Pour financer ce deuxième volet, l'Etat emprunterait les 20 milliards sur les marchés, ce qui lui coûterait aux taux actuels entre 600 à 700 millions d'euros d'intérêts par an, a-t-il précisé.
Ce dispositif s'ajouterait à un autre plan, "100% Renov", également basé sur des prêts à taux zéro destinés plus largement à la rénovation thermique des logements et pouvant inclure l'installation de pompes à chaleur réversibles, pour une enveloppe supplémentaire de 20 milliards d'euros par an (hors intérêts).
Une somme en partie compensée par la suppression des aides directes de "MaPrimeRenov", mais aussi par les gains attendus "à long terme" car "la chaleur pèse aussi sur l'économie (et) sur notre productivité", a expliqué M. Ménagé. Selon lui, ce "plan clim" n'est "pas un investissement à fonds perdus" et va au contraire, "rapporter à l'Etat".