Le retrait-gonflement des argiles, un risque à 500 milliards d'euros, selon la CCR

Le directeur général de la Caisse centrale de réassurance (CCR) Edouard Vieillefond a estimé mercredi à 500 milliards d'euros le coût de la prise en charge du retrait-gonflement des argiles (RGA), un phénomène accéléré par le changement climatique qui fragilise les maisons.

Interviewé par BFM Business, le dirigeant a présenté le RGA comme "le risque principal aujourd'hui (...) le plus fort en France" parmi les catastrophes naturelles.

Plus de 60% des maisons individuelles, soit 12,1 millions de maisons, sont situées dans une zone d'exposition moyenne ou forte au RGA en France, selon le site public Georisques.

Elles sont construites sur des terrains argileux, qui s'étirent en se gorgeant d'eau lors d'épisodes pluvieux (phase de gonflement) et se rétractent par temps de sécheresse (phase de retrait).

Les murs de ces habitations, tiraillés par ces mouvements du sol, finissent par laisser apparaître des fissures caractéristiques, horizontales et en escalier.

"Si on fait par exemple une réparation moyenne à 30.000 ou 40.000 euros, vous voyez que c'est un dossier à 500 milliards d'euros, dans les dizaines d'années, dans les cinquante ou les cent années qui arrivent".

Ce sinistre climatique est couvert par le régime des catastrophes naturelles, financé par les assurés au travers notamment de leur assurance habitation, et géré par le réassureur public CCR, au même titre par exemple que les inondations ou les tremblements de terre.

Avec ce montant en jeu, la situation "ne se gère que par la prévention" et des aides, a précisé M. Vieillefond, avec un système de financement porté par un partenariat entre la puissance publique et les acteurs privés que sont les assureurs.

Demain, en pratique, "un particulier doit pouvoir appeler quelqu'un, par exemple son assureur, en disant +est-ce que je suis éligible? Est-ce que je peux avoir quelque chose? Et même est-ce que vous pouvez vous en occuper? Parce que la démarche administrative est évidemment extrêmement complexe, et lourde", a proposé le dirigeant.