Le syndicat des eaux d'Île-de-France et Veolia ont posé vendredi les premières membranes qui doivent filtrer une quantité importante de micro-polluants, et notamment de PFAS (polluants éternels), dans l'eau potable d'environ quatre millions de Franciliens, a constaté l'AFP.
L'événement a eu lieu dans l'usine de Méry-sur-Oise (Val-d'Oise), qui produit quotidiennement environ 150 millions de litres d'eau. Le président de ce syndicat (le Sedif), Richard Dell'Agnola, et la directrice générale du gestionnaire Veolia, Estelle Brachlianoff, ont déposé chacun une membrane de nano-filtration et une membrane d'osmose inverse basse pression dans les grandes canalisations où l'eau de l'Oise est traitée.
"On va doper le niveau de qualité de l'eau du robinet", a assuré Mme Brachalianoff, casque sur la tête. Elle table sur une eau débarrassée notamment des polluants émergents, tels les perturbateurs endocriniens, les résidus de pesticides, les micro-plastiques ou encore les polluants éternels.
Pour ces derniers, notamment la somme des PFAS réglementés en France et en Europe, le Sedif table sur un quasi-triplement des taux de polluants abattus, par rapport à l'ancien système. L'objectif est de grimper entre 90 et 95%.
Les travaux de l'usine, qui viennent de démarrer, "seront lissés sur un an et demi" pour garantir la continuité de service, a indiqué Richard Dell'Agnola.
Quant aux deux autres usines, à Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) et Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), les travaux débuteront "dans les prochaines semaines pour quatre ans au total et un milliard d'euros d'investissement", a-t-il précisé.
Outre les polluants, le Sedif a pour objectif d'obtenir une eau non chlorée et une forte réduction du calcaire.
Il espère ainsi offrir aux ménages franciliens desservis (hors Paris) une baisse des coûts d'entretien de leur électroménager, à même de compenser le surcoût occasionné par ces membranes sur la facture d'eau. Celui-ci est estimé à en moyenne à quatre euros hors taxe par mois et par foyer, à terme.
Reste la question des rejets concentrés en polluants en sortie d'usine. Ils sont régulièrement pointés par la régie publique Eau de Paris, dont une partie de la ressource se situe en aval.
"On ne dispose pas des techniques qui permettent à un coût abordable de traiter ces rejets", a déclaré Sylvie Thibert, ingénieure en qualité de l'eau et gestion des risques sanitaires pour le Sedif. Elle promet "une veille scientifique, technique", et "dès qu'on sera capable de retenir une partie des polluants et de ne plus les remettre dans la rivière, on le fera".
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