Le président de l'Ademe rappelle l'urgence "économique" de la transition énergétique

Le président de l'Ademe (agence de la transition écologique) a rappelé mardi l'urgence économique à accélérer la transition énergétique, au moment où le gouvernement, à la recherche d'économies pour le budget 2027, pourrait en sabrer le budget d'un tiers.

"Il y a bien sûr l'urgence écologique, dont les scientifiques du Giec nous alertent depuis longtemps, mais il y a aussi une urgence économique", a déclaré Sylvain Waserman sur BFM Business.

"Il y a des entreprises aujourd'hui qui mettent la clé sous la porte parce que les prix du gaz ont fait fois deux et que leur processus est très dépendant des énergies fossiles", a-t-il souligné.

Le gouvernement, qui doit présenter jeudi son projet de budget 2027, envisage en effet de réduire de plus de 30% le budget de l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), amputant son budget de plus de 300 millions d'euros, selon une information du Monde publiée mi-septembre.

"Le Premier ministre, le gouvernement et le Parlement ont une équation budgétaire très compliquée. Mon job à moi, c'est que chaque euro qu'on nous confiera, c'est d'optimiser son impact", a indiqué le président de l'Ademe.

"Notre actif économique est fragile parce qu'il est exposé aux variations incontrôlables des prix des énergies fossiles. Donc on peut regarder la transition écologique comme un sujet du climat de 2050 ou même comme une urgence par rapport à ce qui s'est passé cet été, on peut le voir aussi comme une façon de protéger notre pouvoir d'achat", a-t-il relevé.

Sylvain Waserman a évoqué "les gens qui n'arrivent plus à faire leur plein pour aller travailler, les gens qui n'arrivent plus à payer leur facture de gaz", en soulignant que "la transition écologique, c'est aussi une façon de sortir de ces impasses sociales du monde fossile d'aujourd'hui".

Il a en outre mis en exergue les "64 milliards d'euros qu'on a dépensés pour financer le gaz et le pétrole qu'on importe" l'an dernier. "A chaque fois qu'une entreprise se décarbone et qu'on l'accompagne dans cette décarbonation, c'est une petite partie de ces 64 milliards d'euros d'hémorragie financière qu'on réintègre dans la chaîne de valeur française", a-t-il expliqué.

Face aux attaques de certains responsables politiques contre l'Ademe, Sylvain Waserman a demandé à ce que l'agence soit jugée "sur l'efficacité, comme on juge tous les acteurs économiques", et "sur (ses) résultats".