Le président du réseau des chambres de commerce et d'industrie en France (CCI France) a déploré lundi que les commerçants n'aient "pas pu travailler" lors de la nouvelle journée de mobilisation sociale de samedi et appelé à "une pause" des manifestations pendant la "période cruciale" de la fin d'année.
Malgré une "forme de soulagement" après un week-end plus calme qu'attendu, Alain Di Crescenzo a regretté sur Radio Classique "une cinquantaine de commerces cassés" et "à peu près 80% de baisse d'activité", nombre de commerçants ayant "joué la prudence" en restant fermés après les violences du 17 octobre.
"On a des commerçants qui sont fatigués, qui sont dépités, et on est en train de tuer le commerce de proximité", a-t-il affirmé, rappelant que "40% du chiffre d'affaires se fait entre novembre et décembre".
"Chaque week-end, il y a à peu près de 2% du chiffre d'affaires annuel qui part", a-t-il soutenu.
630 commerces sont encore fermés sur les 2.201 cassés le 17 octobre, d'après le décompte de CCI France.
"Est-ce que ça va rouvrir ? (...) Il faut se poser la question parce que s'il y a des manifestations tous les week-ends, il est inimaginable qu'un commerçant répare son magasin pour être cassé la semaine d'après".
"C'est pour ça qu'il faut rassurer, et c'est pour ça qu'il faut aussi avoir une pause dans ces manifestations", a-t-il estimé, que ce soit via un "changement de parcours" ou une "interdiction", "mais on a besoin d'une pause."
La mobilisation est restée forte pour ce deuxième samedi avec 410.000 manifestants selon le ministère de l'Intérieur, contre 550.000 une semaine plus tôt, et 800.000 selon la CGT, autant que le 17 octobre.
De nouveaux appels à manifester ont été lancés pour les prochains week-ends, et les syndicats de salariés mobilisent en vue d'une journée nationale de grèves et de manifestations le 5 novembre.