Le directeur général de la Caisse des dépôts (CDC) Olivier Sichel s'est dit vendredi "convaincu" de la possibilité d'une souveraineté numérique européenne, indiquant vouloir soutenir les introductions en bourse de start-ups du secteur.
En matière de sciences, "on a sans doute perdu une partie sur la recherche, mais il faut savoir re-rentrer dans la partie quand il y a une redistribution des cartes technologiques", a dit M. Sichel sur Public Sénat, citant "le quantique" avec Alice & Bob ou Quandela, les data centers dont les projets se multiplient en France, l'intelligence artificielle avec Mistral, ou encore le cloud de confiance européen SecNumCloud.
"La finance a un rôle essentiel", a-t-il affirmé. Il a rappelé que la banque publique d'investissement Bpifrance avait beaucoup investi en capital-risque dans de telles sociétés, "mais nous on va mettre l'accent sur les introductions en bourse", a-t-il indiqué.
Car "on voit bien que pour lever de grosses sommes d'argent, un milliard, deux milliards, la bourse est le bon véhicule".
"L'engagement que j'ai pris en prenant mon mandat, a-t-il souligné, c'est qu'on puisse lever 10 milliards en bourse sur de très belles start-ups numériques européennes, en apportant côté Caisse des dépôts entre 500 millions et 1 milliard pour faire cet effet de levier dont on a besoin".
Mais "les champions n'émergeront que si on leur fait confiance, que si on leur passe des commandes", a-t-il observé, se prononçant pour "une préférence européenne inscrite dans les textes".
M. Sichel, qui prône "la défense des souverainetés, industrielle, énergétique, numérique", a noté "qu'il n'y a pas de consensus en Europe" sur cette préférence, notamment de la part de l'Allemagne inquiète de mesures de rétorsion contre ses produits, "mais il faut vraiment qu'on sorte de cette naïveté-là, et je pense que la France est un peu en avance sur d'autres pays".
Au passage, M. Sichel a salué dans l'ancien ministre de l'Economie socialiste Arnaud Montebourg "un grand ministre", qui se prononçait déjà il y a une dizaine d'années pour la préférence européenne.
Fin janvier, M. Montebourg, désormais "chef d'entreprise engagé", s'est engagé dans l'initiative "Alliance du fabriqué en France", portée notamment par la CPME, la CFE-CGC et la CFTC.