Le parc national des Cévennes a annoncé vendredi avoir rejeté son budget 2027, mobilisation inédite visant à protester contre des suppressions de postes réclamées par l'Etat, qui peine, dans un climat socio-économique tendu, à faire accepter des mesures d'économies.
Réunis jeudi, les administrateurs de l'établissement public ont dénoncé le projet de loi de finances du gouvernement qui prévoit la suppression de dix emplois dans les parcs nationaux de France.
"Pour les Cévennes, cela représente 2,3 postes équivalent temps plein (ETP)", indique à l'AFP le président du parc Stéphan Maurin, fustigeant "des économies de bouts de chandelle".
"Comment afficher des ambitions fortes en matière de biodiversité, d'adaptation au changement climatique, de préservation de la ressource en eau, de gestion des forêts et d'accompagnement des transitions agricoles tout en réduisant les moyens humains chargés de les mettre en oeuvre?" déplore-t-il dans un communiqué.
C'est la première fois dans l'histoire des Parcs nationaux qu'un conseil d'administration rejette son budget, indique le parc des Cévennes.
Ses administrateurs espèrent pouvoir négocier dans les prochaines semaines une rallonge de la dotation de l'Etat pour pourvoir voter le budget d'ici la mi-janvier.
L'établissement public a perdu près d'un emploi sur cinq entre 2010 et 2019. Il compte aujourd'hui 84 équivalents temps plein.
Les suppressions de postes demandées par l'Etat concernent également les parcs des Pyrénées, de la Réunion, de Port-Cros et celui des Écrins.
"Le budget des parcs nationaux, c'est 80 millions d'euros annuels. Soit un euro par habitant", déplore M. Maurin, également maire de Pont-de-Montvert-Sud-Mont-Lozère.
Créé en septembre 1970, le parc national des Cévennes est l'un des onze parcs nationaux de France. Il s'étend sur trois départements: la Lozère, le Gard et l'Ardèche. Il est, en métropole, le seul parc national de moyenne montagne et l'un des rares dont le coeur est habité par une population significative.
Dans un pays secoué depuis plusieurs semaines par des blocages lycéens et des manifestations contre la vie chère, les députés ont aussi rejeté mercredi à l'unanimité le projet de budget 2027 de l'État. Désormais le Sénat doit s'en emparer dans sa version initiale.
Le Fonds vert, destiné à développer des projets dans les collectivités, et dont la moitié des financements ira à l'adaptation au changement climatique, doit lui passer de quelque 150 millions à 1 milliard d'euros en 2027 --contre 2,5 milliards d'euros en 2024.