Le nombre de producteurs engagés en agriculture biologique a baissé pour la première fois en 2025, avec un solde entre les nouveaux arrivants et ceux qui quittent ce mode de production de -0,6%, soit 386 fermes en moins, a annoncé jeudi l'Agence Bio.
Ce chiffre doit encore être consolidé, a prévenu cette agence chargée de la promotion de l'agriculture biologique, lors d'une conférence de presse au Salon de l'agriculture. Mais c'est un "signal qu'il ne faut pas prendre à la légère", a mis en garde Marine Bré-Garnier, de l'observatoire national de l'agriculture biologique, puisque la consommation a montré de très bons signes de reprise en 2025.
Avec l'inflation, la consommation de produits bio a chuté à partir de 2022 et n'a entamé sa reprise qu'en 2024 (+0,8% en valeur), confirmée en 2025 (+3,5% selon des chiffres encore à consolider communiqués jeudi).
La baisse de la consommation a entraîné un mouvement de "déconversion", non seulement d'agriculteurs mais aussi de transformateurs qui ont quitté la production biologique, c'est-à-dire sans pesticides ni engrais de synthèse. En témoignent les reliquats de plusieurs millions d'euros sur les fonds européens habituellement destinés au bio.
"On va avoir au moins sur le premier semestre 2026 une réadéquation offre-demande", a déclaré le nouveau président de l'Agence Bio, Bruno Martel. Il faut "attendre" de voir se confirmer cette adéquation pour "relancer des actions de stimulation de la conversion" des agriculteurs au bio, a-t-il ajouté, un processus long qui peut prendre plusieurs années avant d'obtenir la certification.
La loi fixe un objectif de 21% des surfaces agricoles dédiées au bio d'ici 2030, soit le double des surfaces de 2024 (10,1%), en repli pour la deuxième année consécutive. Ce mouvement pourrait se poursuivre en 2025, selon les premières remontées statistiques de l'agence.
"Nous faisons face à un paradoxe: la demande en bio repart mais les fermes restent fragilisées et la production recule. Le risque est de manquer de produits bio demain", déclarait peut avant l'ouverture du salon Loïc Madeline, coprésident de la fédération des agriculteurs bio (Fnab), appelant à des "politiques publiques et des financements ambitieux".
L'Agence Bio, chargée du fonds avenir bio, a pourtant vu son budget baisser en 2025, après avoir été menacée de disparition dans le cadre du budget de l'année dernière. Le niveau de 2025 a été "maintenu" en 2026, a précisé M. Martel.