En Ile-de-France, les locataires de logements intermédiaires, dont les loyers se situent entre le parc privé et le parc social, sont principalement des jeunes vivant seuls et avec "des revenus moyens supérieurs", selon une étude de l'Institut Paris Région publiée lundi.
Les locataires "sont notamment des salariés en début de parcours professionnel, plutôt ascendant, avec des niveaux de salaire corrects et plus que corrects", détaille Hélène Joinet, urbaniste à l'IPR.
Au sein des 21.000 logements locatifs intermédiaires (LLI) franciliens, les personnes seules représentent 36,5% des habitants et les couples sans enfants 27%.
Plus de la moitié des locataires sont âgés de moins de 35 ans (57%), contre à peine 40% dans le parc social.
Les ménages du parc intermédiaire gagnent en moyenne 3.875 euros par mois, soit 27% de plus que les locataires ayant récemment emménagé dans un logement du parc privé (2.228 euros) et 48% de plus que ceux entrés récemment dans un logement social (1.914 euros).
Un locataire de logement intermédiaire vivant seul gagne en moyenne 2.827 euros par mois, selon ces données partielles, établies sur 4.000 logements et excluant Paris, où les LLI sont peu nombreux.
Ce public de jeunes en emploi correspond à la cible de cette offre de logements, subventionnés par l'Etat, et qui s'associe souvent avec des entreprises à la recherche de solutions de logement à fournir à leurs salariés.
Le logement locatif intermédiaire "permet à des ménages aux revenus moyens de se loger avec un taux d'effort acceptable, il s'agit bien d'un autre public que le parc social, avec des niveaux de revenus supérieurs aux occupants du parc social", poursuit Hélène Joinet.
Le taux d'effort, qui est la part des revenus consacrée au logement, s'établit en moyenne à 21% pour les ménages du parc intermédiaire alors qu'il atteint 25,6% en moyenne dans le parc locatif.
L'étude, co-écrite avec Philippe Pauquet, statisticien à l'Institut Paris Région, relève aussi que l'implantation des LLI dépend des prix du marché immobilier: "Les territoires dont les prix d'achat des opérations sont trop élevés sont souvent écartés car la viabilité économique des opérations intermédiaires y est contrainte par l'application des loyers plafonnés".
Ainsi, plus d'un quart des logements intermédiaires construits se trouvent en Seine-Saint-Denis et 60% en petite couronne.
Créé en 2014, le logement locatif intermédiaire (LLI) est plafonné par l'État entre 15% et 20% en-dessous des prix du marché locatif privé.