Comment rendre la France "viable" et "vivable" dans un monde durablement réchauffé ? Le Haut-commissariat au plan (HCSP) dévoile mercredi ses recettes en matière d'environnement, insistant sur la nécessité d'agir dès maintenant, principalement au niveau local, et sur les bénéfices que chacun peut en tirer.
L'institution s'est lancée dans un exercice de prospective en dix thématiques concernant la France à l'horizon 2035 et 2050, dont le chapitre consacré à l'environnement a été présenté mercredi à la presse.
"La transition écologique n'est pas seulement un impératif climatique: elle constitue une condition de souveraineté, de protection et de cohésion nationales", souligne le rapport écrit par des experts et coordonné par Antoine Pellion, l'ex-Secrétaire général à la planification, un organisme de Matignon.
Comme l'ont montré les conséquences des vagues de chaleur estivale (décès supplémentaires, sécheresse historique, incendies ...), "nos infrastructures, notre agriculture, notre organisation sociale ont été conçues pour un climat qui n'existe plus", rappellent les experts.
"Et à l'horizon 2050, les bouleversements climatiques auront changé d'échelle" avec des impacts "systémiques, capables d'altérer les conditions ordinaires de la vie sociale, de l'activité économique et de l'action publique".
"Chaque territoire français sera soumis de manière critique à au moins un aléa climatique", indiquent les auteurs du rapport.
Cela rend "nécessaire dès aujourd'hui une adaptation rapide", avec une politique de transition écologique qui ne peut se résumer "seulement à réduire les émissions" de gaz à effet de serre. Il faudra "changer de paradigme" et mettre en place un "contrat social de l'adaptation", jugent les experts.
Pour cela, le HCSP formule trois propositions clefs, la première recommandant de "donner aux collectivités territoriales, et notamment au bloc communal, les moyens de réaliser leur transition".
"Dès lors que la collectivité aurait produit un plan pluriannuel d'investissement (PPI) permettant une transition crédible, elle aurait accès à un endettement additionnel à bas taux pour ses infrastructures de transition, voire des ressources propres supplémentaires", expliquent les auteurs.
La deuxième proposition consiste à "prioriser la réduction des pollutions, pesticides compris", en particulier dans les endroits où elles se concentrent.
Enfin, le HCSP suggère d'"élargir rapidement la réassurance par l'État à l'ensemble des risques climatiques".
Sur le plan du financement, le rapport indique qu'il ne pourra "pas reposer uniquement sur des ajustements fiscaux annuels", enflant "la dépense crise après crise" et "appauvrissant l'Etat et le contribuable" avec le risque d'accroître les inégalités.