Le gouvernement veut plus de pénalités financières pour l'ultra fast fashion

La ministre de la Transition écologique Monique Barbut et son ministre délégué Mathieu Lefèvre ont annoncé jeudi avoir chargé l'éco-organisme Refashion de leur faire des propositions "sous dix jours" visant à mettre plus de pression financière sur l'ultra fast fashion.

"On leur demande de payer plus pour les désordres qu'ils créent dans la filière" textile, a déclaré M. Lefèvre lors d'un déplacement des deux ministres dans la métropole lilloise.

Concrètement, les ministres ont demandé à Refashion de plancher sur un "malus" en fonction de la durabilité des textiles et chaussures, un critère visant à doper les éco-contributions des marques de mode éphémère à cet éco-organisme chargé de la gestion et de la prévention des déchets textiles, selon leur ministère.

Sollicité par l'AFP, Refashion n'a pas souhaité faire de commentaire à ce stade, renvoyant vers une réunion vendredi au ministère sur la refonte de la responsabilité élargie du production (REP) dans le textile.

Les futures propositions viendront "en complément de ce que le Parlement fait sur la question", a précisé M. Lefèvre.

Une proposition de loi déposée par la députée Horizons Anne-Cécile Violland en 2024 prévoit déjà une panoplie d'outils, dont des pénalités financières, pour limiter le phénomène de l'ultra fast fashion, symbolisé notamment par la plateforme chinoise Shein.

Ce texte a été adopté par les deux chambres du Parlement mais fait désormais face à la Commission européenne, qui doit juger de sa conformité avec le droit communautaire.

Bien que l'exécutif européen ait tiqué sur plusieurs points de ce texte, Mme Barbut assure avoir apporté des réponses aux questionnements de Bruxelles. "Je n'ai aucun doute sur le fait que nous aurons une loi", a-t-elle assuré jeudi.

Les ministres s'exprimaient dans une boutique Jules à Lille, une enseigne qui a commencé à afficher l'impact environnemental (écoscore) de certains de ses produits sur leurs étiquettes.

"Ça va être dans l'intéret des entreprises qui voudront se démarquer de rentrer dans le jeu" de cet écoscore textile, selon Mme Barbut. "Ça devient un moyen de faire du marketing, ça va être un point de comparaison" pour le consommateur, a-t-elle estimé.

Jusqu'à 8% des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont actuellement causées par l'industrie textile, selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe).