Le gouvernement va classer les établissements scolaires selon leurs caractéristiques énergétiques et leur adaptation aux fortes chaleurs, sur la base d'une "appréciation générale" et non selon "une démarche scientifique", a promis jeudi le ministère de l'Education nationale.
"Nous conduisons en ce moment une enquête avec l'ensemble des académies pour essayer de qualifier plus finement le niveau de conformité de l'ensemble des écoles et des établissements", a déclaré la secrétaire générale du ministère de l'Education nationale, Mélanie Joder, devant la mission parlementaire sur le coût de la canicule.
Ce travail, "assez long", s'étalera pendant l'automne, "parce que les personnels de l'éducation ne détiennent pas ces informations, ils sont obligés de travailler avec les collectivités locales", propriétaires des écoles, collèges et lycées, "pour les obtenir", a-t-elle ajouté.
Cette enquête "consiste à classer les bâtiments entre un confort d'été qu'on estime suffisant, intermédiaire, mauvais, ou très mauvais".
"Ce n'est pas du tout une démarche scientifique (...) C'est simplement une appréciation générale pour pouvoir mieux cibler nos interventions et aussi essayer de quantifier les besoins dans leur ensemble", a-t-elle reconnu, interrogée par le député Eric Coquerel (LFI), qui préside cette mission.
Un rapport, adopté en mars par une instance consultative de l'Education nationale, a demandé la création d'une classification publique des établissements selon leurs caractéristiques énergétiques, et des "limites normées de températures" pour les périodes d'examen.
Mme Joder a redit jeudi qu'il n'y aurait pas de température limite qui déclencherait la fermeture d'une école.
Selon elle, "il y a une affaire de ressenti et une affaire d'équipement".
Lors du pic de la canicule au mois de juin, 4.476 établissements scolaires, sur les 67.000 que compte le pays, ont fermé.
Le ministère espère que les diagnostics énergétiques pour les 2.500 établissements considérés comme prioritaires seront terminés d'ici le printemps, pour lancer ensuite d'éventuels travaux.
Selon Mme Joder, l'administration n'a pas le bilan du nombre d'heures d'enseignements perdus à cause des fermetures ou des horaires aménagés pendant les canicules de mai et juin, ni d'estimation du coût de la canicule pour le ministère.
"Le coût pour nous se mesure plus en heures de travail que véritablement en dommages pour le service public, qui a été réorganisé", a-t-elle assuré.