Le gouvernement promet des JO-2030 "exemplaires sur le plan environnemental"

Les Jeux olympiques et paralympiques d'hiver en 2030 dans les Alpes françaises seront "exemplaires sur le plan environnemental", a promis lundi le gouvernement, qui reconnaît que les territoires de montagne sont "les premières victimes du dérèglement climatique".

Le ministre délégué chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, et la ministre des Sports, Marina Ferrari, ont réuni pour la première fois le conseil stratégique chargé d'élaborer la feuille de route environnementale pour ces JO.

"On veut en faire des Jeux exemplaires sur le plan environnemental. Les territoires de montagne sont les premières victimes du dérèglement climatique", a résumé devant la presse Mathieu Lefèvre.

Marina Ferrari a souligné que le but était d'avoir "des objectifs détaillés, que nous pourrons suivre" et également "d'associer le plus largement dans la consultation" autour de cette feuille de route.

Le document va s'appuyer sur huit "enjeux clé" (émissions de gaz à effet de serre, énergie, aménagement, écosystèmes et biodiversité, alimentation, eau, santé, économie circulaire). "Avec des objectifs précisés et complétés d'ici avril, il sera soumis à la consultation des instances environnementales, de la société civile et des territoires", précise un communiqué.

Ces Jeux "ne doivent pas seulement limiter leurs impacts, mais contribuer durablement au développement et à la préservation de territoires riches en biodiversité, plus sobres, plus robustes et mieux préparés aux défis climatiques", est-il indiqué.

Concernant plus spécifiquement la raréfaction de la neige, a détaillé Mathieu Lefèvre, "il n'y aura pas de retenue spécifique pour l'enneigement artificiel, et on va travailler ce sujet en lien avec les collectivités à travers des plans territoriaux de gestion des eaux".

L'organisation de ces Jeux fait déjà l'objet de critiques du point de vue environnemental: le projet est "en contradiction flagrante avec l'accord de Paris, la loi Climat et son objectif de zéro artificialisation nette", ont jugé en décembre dans une tribune publiée dans Le Monde l'association Mountain Wilderness et plusieurs personnalités dont les chanteuses Camille et Emilie Loizeau, le cinéaste Cyril Dion, les glaciologues Heidi Sevestre et Jean-Baptiste Bosson et les responsables de plusieurs ONG.

En décembre également, l'association Résilience Montagne avait dénoncé "un scandale financier, économique, environnemental, social", selon elle "à rebours de tous les enjeux".

Parallèlement, en novembre dernier à Lausanne, la CEE-ONU, instance onusienne, a déclaré "recevables", "de manière préliminaire", deux saisines du collectif citoyen JOP 2030 qui reproche aux autorités françaises d'avoir ignoré les principes de la démocratie environnementale. Le gouvernement doit apporter des éléments de réponse d'ici fin avril.