Le gouvernement a détaillé jeudi un plan contre l'infertilité, promis depuis plusieurs années, annonçant notamment des mesures de sensibilisation et de communication afin de limiter l'ampleur d'un phénomène qui touche plus de trois millions de Français.
"Sur la fertilité (...), le temps est à l'action", a assuré dans un communiqué le ministère de la Santé, annonçant un plan en une quinzaine de points alors que nombre d'experts de l'infertilité jugent crucial de prévenir hommes et femmes de ne pas trop attendre pour concevoir.
Un message sera adressé à tous les Français lors de leur 29 ans, à partir de la fin de l'été. Le cabinet de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a précisé, lors d'un point à la presse, que la tonalité ne serait pas "prescriptive" et veillerait à rappeler des éléments sur la contraception pour les personnes ne souhaitant pas avoir d'enfant.
Un site internet dédié aux questions de reproduction sera lancé prochainement et une campagne de communication sur ces enjeux est prévue d'ici à la fin de l'année.
Le plan, dont le budget n'a pas été précisé, comprend d'autres volets. Le gouvernement veut, ainsi, habiliter plusieurs dizaines de nouveaux établissements à congeler et conserver des ovocytes, une mesure permise par la loi de bioéthique de 2011 mais qui se heurte dans les faits à de longs délais d'attente.
Pour favoriser cette extension, le ministère envisage d'autoriser des établissements privés à aller sur ce terrain, tout en assurant que la procédure resterait gratuite pour les patientes.
"On n'est pas du tout dans une logique de marchandage", a assuré le cabinet de Mme Rist.
Ce plan est la concrétisation d'une promesse faite par le chef de l'Etat, Emmanuel Macron, en janvier 2024. Mais il trouve des racines plus anciennes dans un rapport commandé par le ministère de la Santé en 2022.
Depuis, experts et associations regrettaient de ne voir venir aucune mesure, à part le lancement de certains projets de recherches, un flou que l'actuelle ministre de la Santé avait levé en décembre en promettant un plan d'ici à quelques semaines.
Celui-ci sera piloté par les auteurs du rapport de 2022, le professeur Samir Hamamah et la patiente Salomé Berlioux.