Le gouvernement a mis fin au groupement d'intérêt public (GIP) France Tiers-Lieux, qui coordonne la politique de soutien aux quelque 3.500 tiers-lieux du pays, dont plus d'un tiers en milieu rural, mêlant espaces de coworking, friches culturelles ou ateliers de fabrication numérique (fablabs).
Créé en 2022, initialement pour trois ans, puis prolongé d'un an, ce GIP a officiellement cessé son activité le 29 juin.
A l'été 2021, le gouvernement de Jean Castex avait débloqué 130 millions d'euros pour développer ce qu'il considérait comme un "phénomène de société" pourvoyeur de lien social mais aussi de culture, de formation et d'emploi dans des territoires parfois reculés.
Interrogé vendredi par l'AFP, le ministère de l'Aménagement du territoire tente de rassurer en soulignant que "l'animation nationale et régionale des tiers-lieux demeurera accompagnée par l'Etat". Il affirme que l'Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) "reste en lien avec l'ensemble des acteurs et l'Association nationale des tiers-lieux".
Selon un connaisseur du dossier, cette disparition survient pourtant "en l'absence de toute communication publique", "sans réelle stratégie de continuité" et "met un terme à huit années de structuration progressive d'une politique publique d'intérêt national".
"L'Etat supprime simultanément l'ensemble des instruments qui permettaient de mettre en oeuvre le soutien aux tiers-lieux et de l'organiser à l'échelle nationale", assure cette source, citant "les crédits dédiés, la gouvernance interministérielle, l'ingénierie, les équipes possédant l'expertise et l'accompagnement des collectivités".
Ceci alors que "plus de 300 millions d'euros ont été investis par l'Etat", a souligné cette source.
De son côté, le gouvernement a rappelé que les tiers-lieux avaient été "fortement aidés à leur démarrage dans le cadre du plan de relance" et qu'ils pouvaient "demeurer accompagnés par les dispositifs de droit commun de l'Etat, ainsi que par les collectivités".
L'extinction de ce groupement d'intérêt public fait écho à celui du GIP Epau, dont les 10 programmes nationaux accompagnaient l'adaptation des territoires au changement climatique, ce qui se traduira par le licenciement de ses 21 agents.
Le GIP Epau menait depuis 20 ans des programmes de recherche-action sur des thèmes aussi divers que le logement, l'architecture, l'urbanisme ou la transition écologique.
Le gouvernement a revanche annoncé vendredi la prolongation jusqu'à la fin du mandat municipal du programme "Villages d'avenir" de soutien aux communes de moins de 3.500 habitants, tout en précisant que les nouvelles intégrations se feront "selon le principe d'un entrant pour un sortant".