Le gouvernement dévoile les 100 territoires sélectionnés pour une "électrification accélérée"

Le gouvernement a dévoilé vendredi les 100 "territoires d'électrification" qui bénéficieront jusqu'en 2030 d'un accompagnement renforcé pour sortir les transports, le bâtiment, l'industrie et l'artisanat des énergies fossiles au profit de l'électricité.

Ce plan comporte 22 mesures destinées à réduire la dépendance énergétique de la France, soutenir le pouvoir d'achat des ménages et la compétitivité des entreprises.

. Quel est l'objectif ?

La France s'est donné comme objectif de diminuer l'utilisation des énergies fossiles importées au profit de l'électricité, abondante et décarbonée à plus de 95% grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables.

Il s'agit de réduire ses émissions de CO2, responsable du réchauffement climatique, mais aussi de renforcer sa souveraineté et soutenir le pouvoir d'achat des Français, alors que les prix du pétrole et du gaz ont flambé depuis le déclenchement de la guerre dans le Golfe.

"La crise énergétique actuelle nous rappelle notre forte dépendance aux énergies fossiles importées", a souligné la ministre délégué à l'Énergie, Maud Bregeon, dans un entretien au Parisien, en rappelant que le gaz et le pétrole, "représentent 60% de l'énergie" consommée en France.

"C'est aussi une dépendance qui pèse sur le porte-monnaie des Français (et) sur nos comptes publics", ajoute-t-on au ministère, alors que les importations d'hydrocarbures représentent environ 60 milliards d'euros par an.

. Quels sont les territoires retenus ?

Au total, ce sont donc 109 territoires regroupant 6.676 communes qui s'engagent à accélérer l'électrification des usages dans les transports, le bâtiment, l'industrie et l'artisanat.

Il s'agit de développer des bornes de recharges pour véhicules électriques, sortir du chauffage au fioul ou au gaz dans les bâtiments publics ou les logements, mettre hors service le réseau public de gaz là où c'est pertinent ou soutenir l'électrification d'artisans ou d'industriels.

Ces territoires bénéficieront jusqu'en 2030 d'un accompagnement renforcé et élaboreront avec le soutien de l'État, et notamment de l'Agence de la transition écologique (Ademe), une "feuille de route pluriannuelle" destinée à préciser les objectifs, les jalons annuels, les moyens humains associés et les dispositifs de soutien attendus.

"Plus d'un Français sur quatre bénéficiera de ce dispositif", a précisé Maud Bregeon. Sachant que 87% de ces territoires sont des communes rurales mais que des métropoles ont aussi été sélectionnées (Lyon, Bordeaux, Metz, Nancy, Strasbourg et Grenoble).

Ces territoires sont "de vrais laboratoires de la sortie du gaz" pour trouver des solutions qui ensuite seront mises en oeuvre dans l'ensemble du pays, précise-t-on à Bercy. Ils joueront un rôle de "pionnier" pour "montrer la voie", lever les obstacles et prouver "projet après projet que sortir des énergies fossiles, c'est possible".

L'État va apporter les moyens d'ingénierie, coordonner les acteurs mais ce sont "les élus qui choisiront sur le terrain, en lien avec leurs habitants et avec les forces sociales de leur territoire, la trajectoire qui leur correspond", souligne-t-on.

. Quel est le calendrier ?

La première phase va durer jusqu'au 1er décembre. Les feuilles de route de chaque territoire seront signées en décembre et la mise en oeuvre des premiers projets débutera à partir de la fin 2026.

A partir de là, "tous les moyens sont sur la table et peuvent être mobilisés à court terme", souligne le ministère.

. Quel argent ?

Le gouvernement a annoncé en avril qu'il allait faire passer de 5,5 à 10 milliards d'euros par an à horizon 2030 son soutien à l'électrification du pays.

Il compte financer ce plan grâce aux certificats d'économie d'énergie (CEE), à une réduction des dépenses énergétiques et une réorientation de dispositifs d'aides publiques vers l'électrification.

Le gros du dispositif repose sur les CEE qui ont la "vertu" de ne pas dépendre du budget de l'État, dont le vote s'annonce encore compliqué cette année.

Les CEE sont des contributions versées par les fournisseurs d'énergie selon le principe du "pollueur-payeur" pour financer des actions de décarbonation.