L'immigration est devenue en 2025 l'unique moteur de l'accroissement de la population française, selon les estimations de l'Insee rendues publiques mardi.
Le solde migratoire est estimé par l'Institut national de la statistique à +176.000 personnes pour 2025, selon les chiffres provisoires présentés à l'occasion de la publication de données de la démographie en France qui compte 69,1 millions d'habitants au 1er janvier 2026.
Le solde migratoire est la différence entre le nombre de personnes qui sont entrées sur le territoire français et le nombre de personnes qui en sont sorties.
Parmi ces personnes figurent des immigrés (c'est-à-dire des personnes nées étrangères à l'étranger et résidant en France qui pour certaines ont pu devenir françaises) et des non-immigrés (comme des personnes nées Françaises à l'étranger).
Les personnes s'installant en France sont plus nombreuses que celles quittant le territoire, alors que le solde naturel est, lui, devenu négatif (- 6.000) en 2025 pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Aujourd'hui, "le solde migratoire qui est positif fait plus que compenser le solde naturel négatif", explique Gilles Pison, démographe, conseiller de la direction pour la communication scientifique à l'Ined (Institut national d'études démographiques).
Et il "devrait continuer à le compenser", prédit le démographe: "tout dépend, pour la suite, de l'ampleur du solde naturel, donc de l'excédent des décès sur les naissances, et aussi du niveau des migrations".
Depuis 2020, l'accroissement de la population française est porté par un solde migratoire supérieur au solde naturel: +140.000 contre +66.000 en 2020; +190.000 contre +80.000 en 2021; +271.000 contre +51.000 en 2022; puis +176.000 pour les trois années suivantes contre +38.500 (2023), +18.000 (2024) et -6.000 (2025).
Le solde migratoire retenu pour 2025 est une estimation de l'Insee depuis le dernier recensement de 2022. Il est mesuré indirectement par la différence entre l'évolution du niveau de la population entre deux années successives et le solde naturel et les éventuels ajustements statistiques.
Les entrées sur le territoire sont toutefois en baisse, selon les derniers chiffres de l'Insee.
En 2023, le nombre d'entrées a diminué de 5% par rapport à 2022 qui représente un pic, passant de 490.000 à 467.000, avec une baisse particulièrement marquée pour les personnes immigrées nées en Europe. Parmi ces 467.000 personnes, 347.000 étaient immigrées. Le nombre d'entrées sur le territoire était d'environ 430.000 environ en 2018 et 2019.