La suppression des ZFE, un "recul sur l'écologie", selon Clément Beaune

Le Haut-commissaire au Plan Clément Beaune a dit jeudi regretter la suppression des ZFE contre les voitures polluantes, adoptée mercredi par le Parlement avec le projet de loi de "simplification de la vie économique", y voyant un "recul sur l'écologie".

"Je regrette cette suppression, oui", a-t-il déclaré sur TF1.

"Il y a 40 à 50.000 morts (par an) de la pollution de l'air (...) C'est un sujet de santé publique majeur qui ne va pas disparaître, donc il faut agir", a-t-il ajouté.

Le projet de loi de simplification de la vie économique, adopté mercredi au Parlement, contient la suppression des "zones à faibles émissions" (ZFE), introduite par des amendements RN et LR, au nom de la lutte contre "l'écologie punitive".

Clément Beaune a déploré que le sujet soit "l'objet d'une grande démagogie, notamment de l'extrême droite et d'un parti de la droite".

Des députés du camp gouvernemental et à gauche espèrent que le Conseil constitutionnel censurera l'article supprimant les ZFE.

"Je trouve ça assez malsain d'avoir cette stratégie qui consiste à voter quelque chose, en sachant que, ou en espérant que, le Conseil constitutionnel puisse faire le boulot et dévoyer en quelque sorte le texte", a déploré le Haut-commissaire.

La question divise les groupes politiques. Dans tous les camps cependant, des élus estiment que le dispositif actuel des ZFE a des effets pervers sur certains foyers modestes.

Le Haut-commissaire a notamment dénoncé les propos de l'écrivain Alexandre Jardin, pourfendeur des ZFE, "qui a couru les plateaux pour expliquer qu'on voulait exclure les ménages modestes, les banlieusards, les ruraux, des centres-villes. C'est pas ça que font les ZFE".

"J'ai assoupli moi même quand j'étais ministre des Transports, le sujet des ZFE pour laisser la liberté aux collectivités locales de décider des règles. Et donc il faudra continuer de toute façon", a souligné Clément Beaune.

Il a ajouté que "les Français le demandent, on l'a vu aux élections municipales, à baisser la place de la voiture et à prendre des mesures de santé publique".