La santé humaine dépend aussi de celle de la nature, rappelle un groupe d'experts

Face à la multiplication des crises sanitaires, l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a appelé mercredi à une meilleure prise en compte, notamment dans les politiques publiques, des interdépendances entre la santé humaine et celle des animaux et écosystèmes.

"Notre approche sanitaire a oublié le lien qui existait entre le vivant et les humains", elle est "anthropocentrique, plaçant la santé humaine au-dessus de la nature et sans lien avec elle", souligne l'UICN dans un rapport publié mercredi.

Or des épidémies mondiales comme le Covid-19 ou la grippe aviaire ont mis en exergue "les relations d'interdépendance existant entre la nature (faune, flore, ecosystème) et les êtres humains, en soulignant leur dimension planétaire", indique ce texte, rappelant que "25% des pathologies chroniques et jusqu'à 75% des maladies émergentes sont liées à des facteurs environnementaux".

"La santé humaine ne peut pas être isolée de celle des animaux, des plantes et des écosystèmes", a insisté mercredi lors d'une conférence de presse Florence Clap, responsable du programme Politiques de la biodiversité au sein du comité français de l'institution internationale.

Le rapport de l'UICN s'appuie sur le concept "Une seule santé" visant à promouvoir une approche pluridisciplinaire et globale des enjeux sanitaires, pour mieux prévenir les crises sanitaires infectieuses d'ampleur.

Un groupe de haut niveau "One Health", réunissant des experts de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l'Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), a été mis en place au niveau international fin 2020.

"L'impact humain sur l'environnement - dégradation et transformation des habitats, surexploitation des ressources naturelles, pollutions, changement climatique, etc. - entraîne une multiplication des contacts entre les humains et les pathogènes environnementaux", note l'UICN.

"Certains de ces pathogènes sont nouveaux, tandis que d'autres deviennent plus agressifs en raison de la pollution, de l'effondrement de la biodiversité et du changement climatique. Il devient dès lors impossible de traiter la santé humaine sans se préoccuper de la santé animale et des écosystèmes, et vice versa", souligne le rapport.

Dans ce cadre, l'UICN recommande différentes mesures, dont la mise en place d'une loi et d'une stratégie nationale "pour garantir l'intégration systématique des questions de santé humaine et de la nature dans toutes les politiques publiques" de manière transversale.

Elle préconise également de "prioriser la surveillance et la prévention", de "mobiliser les territoires" et d'agir davantage sur les questions d'usage des sols, du commerce illégal d'espèces ou des différentes pollutions.