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La réindustrialisation, au coeur du discours des politiques

"Souveraineté économique", "reconquête de l'emploi", "écologisation" de la production, "innovation": la crise sanitaire a ramené la réindustrialisation et les relocalisations de productions au coeur du discours des politiques, avec des solutions assez différentes.

Si le sujet était déjà central lors des élections présidentielles de 2012 (avec le chantre du "Made in France" Arnaud Montebourg) et de 2017, il s'est renforcé avec la pandémie qui a mis en avant les problèmes d'approvisionnement et la dépendance de la France sur certains produits, comme les masques.

Dès le début de la crise, Emmanuel Macron a plaidé pour la relocalisation d'industries "stratégiques" et pour "rebâtir notre souveraineté nationale et européenne".

Le plan de relance lancé en 2020 et défendu par la majorité présidentielle prévoit ainsi 40 milliards pour l'industrie, 25 pour la recherche, 20 pour la transition écologique, et une baisse de 10 milliards d'euros par an des impôts de production à compter de 2021.

"Le sujet était déjà là avant, simplement il nous a sauté aux yeux avec la crise Covid parce qu'on a pu voir, avec la rupture des chaînes d'approvisionnement, la folie du monde dans lequel nous étions, où un yaourt va faire 9.000 km avant d'arriver dans notre assiette", souligne Charles Fournier, tête de liste EELV pour les régionales en centre Val-de-Loire.

Tous les partis se sont emparés de la problématique, mais pas toujours avec les mêmes objectifs.

Pour EELV, cette réindustrialisation "doit s'accompagner d'une +écologisation+, d'une transformation écologique des activités concernées", afin que "ces activités soit compatibles avec les limites planétaires, qu'il s'agisse de matières premières, de ressources naturelles, de biodiversité, d'émission de gaz à effet de serre, et de climat. C'est un critère essentiel", assure M. Fournier.

Au parti socialiste (PS), la réindustrialisation vise à "créer en France des activités industrielles nouvelles", notamment dans la transition écologique et énergétique, comme les éoliennes, "majoritairement produites en France et en Europe", insiste également Christophe Clergeau, secrétaire national.

Mais la clé, "c'est les compétences et la créativité des femmes et des hommes", qui s'appuient sur "la qualité de vie, la formation, la valorisation du travail et les services publics", ajoute-t-il. "Baisser les impôts et mettre un gros paquet d'argent sur la table, ça ne peut marcher que si on mise aussi sur l'humain, la recherche, les compétences".

Pour La France insoumise, "plus que la réindustrialisation, on parle davantage de sauver l'appareil industriel français qui reste", explique à l'AFP la députée Clémence Guetté.

Il faut "se réemparer de cette question de la souveraineté industrielle", mais "pas pour n'importe quelle industrie": celle tournée vers la bifurcation écologique, la rénovation thermique, l'agriculture paysanne.

"Ca n'ira pas sans protectionnisme solidaire", avec des "mécanismes de taxation" et des conditions environnementales exigeantes, ainsi qu'une "conditionnalité des aides aux entreprises", un partage du temps de travail, des formations publiques, détaille-t-elle.

- "Plan Marshall" -

La réindustrialisation "est au coeur de ma campagne", insiste aussi auprès de l'AFP Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et candidat pour la présidentielle, qui proposera des solutions "à la rentrée", pour "reconquérir un million d'emplois", "ne plus dépendre des autres pays" sur le plan sanitaire et des matières premières, et "retrouver notre souveraineté économique" dans "les filières stratégiques" de l'automobile, l'énergie "avec le nucléaire" et la sidérurgie.

A droite, Les Républicains veulent "créer un crédit d'impôt" pour inciter les entreprises françaises à se relocaliser sur le territoire et "exiger le remboursement des aides publiques aux entreprises qui délocalisent".

Christian Jacob défend "un fonds souverain français pour mobiliser notre épargne et l'orienter vers nos secteurs stratégiques", et "réorienter notre recherche publique vers les secteurs industriels de pointe, la santé et la génétique végétale".

François Bayrou, pour le MoDem défend, lui, un "plan Marshall" destiné à répondre à "l'effondrement de l'appareil productif" français.

De son côté le Rassemblement national prône le "localisme" et la relocalisation des entreprises grâce au protectionnisme (contrôle des frontières) et au nom de l'identité et du "patriotisme économique".

Il promeut la "dé-métropolisation", soit un rééquilibrage des territoires entre les grandes métropoles et les campagnes, où le RN entend attirer des entreprises lui aussi avec des réductions d'impôts, des appellations valorisées et un accès plus favorable aux marchés publics.

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