Les niveaux de pollution de l'air ont légèrement augmenté sur un an en 2025 en Ile-de-France, où près d'un quart des habitants sont exposés à des dépassements des valeurs limites qui entreront en vigueur en 2030, selon le bilan annuel d'Airparif paru mercredi.
Cette évolution est surtout due "à des conditions météo moins favorables à la dispersion des polluants, après une année 2024 particulièrement pluvieuse", explique Airparif.
La hausse des niveaux de pollution en 2025 reste "a priori conjoncturelle" par rapport à la tendance à l'amélioration de la qualité de l'air constatée sur le long terme en Ile-de-France, à l'exception de l'ozone.
Depuis 20 ans, les concentrations en dioxyde d'azote (NO2) et particules fines ont ainsi diminué respectivement de 50% et 60% à l'échelle régionale, baisse qui s'est toutefois ralentie ces dernières années.
Cette "tendance de fond" résulte essentiellement "de la mise en place de réglementations et politiques publiques visant à réduire les émissions de polluants", notamment le trafic routier et les systèmes de chauffage, décrypte Airparif. Parmi ces politiques publiques figurent les zones à faibles émissions (ZFE) contre les véhicules polluants, que l'Assemblée nationale vient de supprimer.
La pollution de l'air reste responsable d'environ 8.000 décès prématurés chaque année en Ile-de-France, et de nombreuses maladies chroniques, rappelle Airparif.
En 2025, près d'un quart des Franciliens ont été exposés à des niveaux de pollution supérieurs aux valeurs limites qui entreront en vigueur en 2030, alerte l'organisme de surveillance de la qualité de l'air.
Environ 1.500 personnes restaient exposées à des concentrations de dioxyde d'azote - un gaz polluant qui aggrave notamment le risque de mortalité lié au diabète et aux AVC - supérieures à la valeur limite règlementaire en vigueur depuis 2010, en particulier sur les axes routiers les plus fréquentés comme le périphérique.
Pour les concentrations de particules fines (PM 2,5), la valeur limite a été respectée en 2025 sur l'ensemble de la région. Mais les niveaux annuels ont largement dépassé les recommandations de l'OMS pour ce polluant qui aggrave le risque de mortalité lié notamment aux infarctus, aux AVC, au diabète et aux cancers du poumon.
Dix épisodes de pollution (dépassement du seuil réglementaire d'information) ont en outre été constatés en 2025 dans la région.
Ces conclusions "soulignent l'ampleur des efforts restant à accomplir pour réduire durablement l'exposition des populations", pointe Airparif.