La pollution de l'eau prégnante sur le Bassin de la Seine

En dépit du recul de certains polluants, seules 40% des eaux de surface et 28% des nappes souterraines sont en "bon état" chimique sur le bassin de la Seine, a indiqué jeudi l'Agence de l'eau Seine-Normandie.

En 2015, 37% des "masses d'eau de surface" (sur un total de plus de 1.600 rivières, étangs et autres lacs) étaient jugées en "bon état". Trois ans plus tard, en 2018, c'est 40%.

"Des actions ont été menées contre les PCB, les métaux lourds, dont on voit les résultats positifs. Mais ce n'est pas parce qu'une substance est interdite qu'elle disparaît de l'environnement du jour au lendemain", note Patricia Blanc, directrice générale de l'Agence, qui juge sa région dans la moyenne nationale.

"Les ventes de pesticides, en volume, n'ont pas reculé: des substances très toxiques ont reculé, mais elles ont été remplacées. On voit que les concentrations de pesticides (dans l'eau), et notamment de glyphosate, n'ont pas baissé" depuis un précédent bilan sur les micropolluants datant de dix ans, ajoute-t-elle.

La situation des nappes souterraines, elle, ne montre pas de progrès récents, du fait notamment de l'inertie de certains polluants, parfois interdits depuis des années comme l'atrazine (pesticide).

Quelque 38 masses d'eau souterraine sur 53 sont ainsi dans un "état médiocre", dont 33 du fait de micropolluants (polluants toxiques à de très faibles concentrations: pesticides, résidus médicamenteux, phtalates, hydrocarbures aromatiques polycycliques, PCB, etc).

La réglementation européenne impose 100% de "bon état" d'ici 2027, un objectif "ambitieux" reconnaît la responsable.

L'Agence Seine Normandie vient de publier un épais "guide pratique" des micropolluants présents dans les eaux de la région, réalisé avec l'Ineris (Institut national de l'environnement industriel et des risques), et à destination des acteurs concernés (industriels, agriculteurs..., collectivités ou services de l'Etat).

L'Agence, qui prône plus de prévention en amont pour éviter des traitements des eaux coûteux et limités technologiquement, travaille notamment avec des hôpitaux, afin de limiter leurs rejets, et soutient financièrement des parcours de conversion à l'agriculture biologique.

"On constate un peu moins de demandes d'aide de la part des industriels", souligne Mme Blanc, qui souhaiterait "resensibiliser un peu les acteurs à ces questions" et "aider plus" toute une série de secteurs diffus (garages, ateliers de peinture...).

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