La physicienne Jacqueline Bloch lauréate de la médaille d'or du CNRS

La médaille d'or 2026 du CNRS, une des plus prestigieuses distinctions scientifiques françaises, a été attribuée à la physicienne Jacqueline Bloch pour ses travaux pionniers sur les polaritons, a annoncé l'organisme jeudi.

Les découvertes de Jacqueline Bloch ont "ouvert de nouvelles perspectives pour l'étude de phénomènes quantiques aussi variés que le comportement des électrons dans certains matériaux, l'écoulement de fluides de lumière ou encore l'exploration de phénomènes inspirés de la physique des trous noirs", souligne le CNRS dans un communiqué.

Lorsque la lumière et la matière interagissent fortement, cette interaction donne naissance dans certaines structures semi-conductrices à des polaritons, des particules hybrides qui combinent à la fois des propriétés de la lumière et de la matière.

Ayant identifié très tôt leur potentiel, Jacqueline Bloch étudie le comportement des polaritons dans des petites cavités de quelques micromètres et de formes variées. Ces systèmes offrent un moyen de simuler en laboratoire des phénomènes comme la superfluidité (l'écoulement sans frottement d'un fluide quantique) ou les condensats de Bose-Einstein (état de la matière où des particules se comportent comme un seul système quantique).

Ces microcavités à polaritons permettent aussi de simuler des phénomènes issus d'autres domaines de la physique, comme les trous noirs, ou de sonder des propriétés de matériaux tel que le graphène.

Actuellement, les recherches de Jacqueline Bloch se concentrent sur des lois universelles qui décrivent aussi bien la forme du givre sur le verre que le front d'un incendie, à travers l'étude de la lumière émise par les polaritons.

"En domptant la lumière, ses travaux ont révélé des effets spectaculaires et inédits en physique et ingénierie", a salué le Pdg du CNRS Thierry Dauxois, soulignant que son approche "très collaborative" rappelle "l'importance des échanges dans l'aventure scientifique".

Née en 1967, Jacqueline Bloch est entrée au CNRS en 1994 en tant que chargée de recherche. Depuis 2011, elle est directrice de recherche au sein du Centre de nanosciences et de nanotechnologies.

Membre de l'Académie des sciences, elle est également professeure à l'École polytechnique.

Créée en 1954, la médaille d'or du CNRS récompense des carrières scientifiques exceptionnelles ayant contribué de manière remarquable au dynamisme et au rayonnement de la recherche française.

La médaille d'or, accompagnée d'une dotation de 50.000 euros, lui sera remise le 17 décembre.