La France doit "repenser" sa stratégie climatique internationale, recommande le Senat

Nouvelle organisation des COP, nouveaux partenariats, meilleure répartition des financements: la France doit repenser sa stratégie climatique internationale, pour la rendre plus "lisible" à l'heure où la protection du climat est fortement remise en cause, estime jeudi un rapport sénatorial.

"Le sujet du climat intéresse quand il fait chaud. Et il est trop souvent délaissé quand les températures redeviennent clémentes (...) ou parce que l'actualité nous inonde sans cesse d'autres sujets", a déploré jeudi Teva Rohfritsch, sénateur (rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants) de la Polynésie française et le rapporteur du texte, lors d'une conférence de presse.

Pour sortir la politique climatique "des cercles d'experts", les sénateurs recommandent de la décliner dans un document unique - une "stratégie nationale de diplomatie climatique" - rendu public et qui fixera pour cinq ans "les priorités géographiques, diplomatiques, économiques et scientifiques de la France en matière climatique".

Un débat préalable aux COP, les négociations climatiques organisées chaque année sous l'égide de l'ONU, devra également avoir lieu au Parlement, ajoute le rapport.

En effet, "si le modèle des COP a fait ses preuves, son organisation touche aujourd'hui ses limites", estiment les sénateurs. Il convient donc de rendre son organisation "plus fluide et efficace", indique le rapport.

Il est notamment "urgent" d'inscrire les présidences de COP dans une "logique de continuité sur cinq ans afin de renforcer la cohérence des négociations et le suivi des engagements". Et d'associer à chaque présidence un pays particulièrement vulnérable.

Concernant la France, la mission sénatoriale recommande d'intégrer au moins un représentant des Outre-mer aux équipes de négociation.

Autre volet de réflexion des sénateurs: la finance, dossier sur lequel achoppent de nombreuses négociations internationales ces dernières années.

Pour sortir de ce "blocage", le rapport recommande de faire "évoluer la participation de chacun".

"La transition climatique ne pourra pas reposer exclusivement sur la bonne volonté de l'Europe, qui est de loin la principale contributrice aujourd'hui, mais devra être également soutenue par les autres pays comme la Chine, l'Inde ou les pays du Golfe", a souligné M. Teva Rohfritsch, en appelant également à la "mobilisation de capitaux privés".

Enfin, la diplomatie climatique française doit "travailler, avec nos partenaires européens, à monter des coalitions de volontaires autour d'objectifs ambitieux, sans attendre un consensus qui mettra du temps à se former", estime le rapport.